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desordionie
des ors d'Ionie – desordre d'isle

Theâtr-East

– Mais de quoi parles-tu ?
– Bah, je parle, ou plutôt j’écris ici, pour pouvoir me relire. Quand je marche, mes pieds m’aident à me souvenir. Après, je ne me souviens plus. Quand je suis seule, j’aime bien écrire ou revenir sur mes photos, mes mots, ceux qui m’ont soutenue, ceux que j’ai abandonnés sur mes espaces contradictoires.
– Contradictoires ?
– … tu sais bien … je ne suis pas très stable, homogène, je fais et défais au rythme des saisons et de la musique confidentielle.
– … les gros nuages d’avril qui apportent avec eux la promesse d’une lumière sensationnelle. A propos, as-tu lu le manuel ? Ca pourrait t’aider …
– Est-ce tu as déjà vu une réponse aux erreurs dans un manuel ? Je n’ai jamais trouvé que des règles et des objectifs. Je ne peux m’y contraindre. C’est plus fort que moi … Et, puis est-ce que je cherche une réponse ?

On s’abrita sous l’auvent. L’air était devenu glacial. Une giboulée de grêle empêcha la délivrance.
– ??? Quelle sera ta prochaine erreur ?
– Une photo en trop, une photo en moins ? Je ne sais pas. Ce que je cherche ? Une provocation au hasard, un défi au temps, qui comme dirait l’autre n’existe pas. Je crois que je peux résumer cela comme ça : trouver la beauté dans le risque car l’écran est sale.
– Risquer ?
– En serais-je capable ? Seule ? Ce soir, par exemple, je n’ai pas été assez forte pour faire la photo. J’ai laissé passer, mais il me faudra y revenir. Toutes mes ressources m’attendent là-bas.
– Et tes amis ?
– J’espère qu’ils me seront fidèles ;). Je reviendrai. Huit mois de rupture.
– Et toi ?
– Bien sûr que oui ! Je pars, avec tout ce que je suis, la part de mon histoire passée et avenir. Peu importe ces considérations ennuyeuses ! Pas de limite, pas de tabou, pas d’obligation.

Elle dégringola les escaliers. Je la retrouvais en bas, le regard perdu. Le printemps était fragile.
– J’aime bien l’idée d’avoir des liens avec mon histoire, mes histoires. J’aime bien l’idée d’être contradictoire, imparfaite.
– Quel théâtre joues-tu ?
– Je doute. Je ne joue pas. J’ai commencé à me poser ces questions quand je me suis mise à mettre en scène certaines photos. Où est la vérité, l’émotion, le don ?
– C’est toi qui parle de « vérité » ?
– Non, ce n’est pas de vérité qu’il s’agit, mais de « liberté ». Saurais-je rester libre là-bas ?

Nous étions arrivés au métro.

Je partis vers l’Est, abandonnant mon interlocutrice. Je n’étais sûre que d’une chose. M’en remettre à mon instinct. Tout un programme entre découverte, blessure, abandon, fuite, erranchantement …


Posted by iscia on avril 4th, 2010 :: Filed under blanc,Iscia,noir
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2 Responses to “Theâtr-East”

  1. Boro
    avril 12th, 2010

    De mon bureau, le vrai pas le professionnel, j’aperçois une grosse boite en carton, blanche, son couvercle ne ferme plus, elle est pleine de manuels qui, pour une bonne part, concernent des machines qui ont rejoint la décharge il y a bien longtemps. Et si je les brûlais (comme Pepe brûle ses livres ?) pour lui rendre hommage… Non, je vais les garder, je ne les ai jamais lus, ou alors d’un regard distrait, mais je vais les garder quand même, juste pour pouvoir lui dire moi aussi… Tu as lu le manuel !

  2. iscia
    avril 12th, 2010

    Boro, je t’ai écrit une page de manuel … comme ça ton prochain texte sera inséré dans le flux de desordionie et j’espère que vous serez nombreux et que cela fera des pages chaotiques …
    et puis, tu pourras ajouter des images

    … j’accepte tout, classique, polaroïd, iphone – couteau suisse de la photo, comprenant tout de la chambre noire au laboratoire et reprenant les procédés anciens notamment les bains de couleurs … à l’ère du numérique et des réseaux …

    c’est ici la page-manuel

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