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desordionie
des ors d'Ionie – desordre d'isle

promised me poem

Et bien, voilà. J’ai craqué. J’ai quitté le gris de la tornade. Les autres sont tombés dans le Mékong avec leur appareil photo. Ils auraient dû s’en douter. Des dizaines  de curieux alignés sur le parvis de la Province de Vientiane à vouloir coucher le soleil, c’était trop facile. L’opium les a piqué et leur royaume s’est échu tel un éphémère. Seuls les enfants se sont sauvés à temps avec leur panier d’osier et leurs chiffons mordorés.
Je suis partie au moment où le sol est devenu nénuphar et le ciel interdit. Les engins arrivaient à cet instant-là. Je les entendais. Sourds et muets. Des masses puissantes toute alarme intérieure. Mais, je n’avais pas peur. J’avais perdu cet instinct de sauvegarde. Je me sentais en sécurité sur les paupières de la lune.
Un mouvement de particules continuait de buriner la terre et les hommes libres disparaissaient un à un dans la poussière. Leur souffle ne remplissait pas le vide et la béance confondait l’avenir.
Je savais que le gris des soirs d’avant marquait l’absence de l’aimé. J’avais beau faire tourner les ocres de ma lentille, le blanc n’était plus blanc dans la balance. Je voulais croire que cela n’avait pas d’importance. Je suivais le terrain vague, instable qui s’effritait sous mes pas. Plus j’avançais, plus je voyais mes traces se quadriller. Je ne voulais pas comprendre, bien sûr. Je niais l’évidence de ce dessin absurde et la folie hors de cette tornade. C’était peut-être pire, j’avais oublié la réalité de cet exotique non-direction.
Heureusement autour de moi les enfants persistaient à rouler dans la farine certaines tours d’échecs et marchandaient à bons prix les appareils photos ramassés au fond de l’eau. Je n’aimais pas les enfants, mais je trouvais leur cris rassurants.

Je l’aimais comme au dernier jour, sombre dans sa parure d’étain. Grand, majestueux, solide dans la décadence de la première ligne. Le soir révélait le jade de ses dents impures. J’étais face à son ombre rouge qu’il faisait parvenir depuis le temps d’autrefois. Sa mécanique m’était familière désormais. J’aurais pu le décevoir encore une fois. Et puis, soudain, une poignée de mains a roulé. Je me suis retournée. J’avais rêvé qu’il m’avait tué. L’engin s’ébroua avec fracas nocturne. Au risque de chuter, de casser les pièces de son squelette, je le voyais hurler un chant marin sans condition. J’étais morte de plage souterraine. Il manquait une trompe dans l’argenterie de mon cauchemar. You promised me poems.

Une fois, je me relevais. Je voyais l’engin s’éloigner dans la poudre du fard. Il restait une couronne d’encre sur la place de la foire. Elle était accrochée à la pipe du bas-relief. J’étais rassurée. Je le croyais Sauveur, suspendu au camion de poubelle qui arrivait. Impeccable dans son habit de soie au masque de plâtre. Il filait droit sur l’hôtel, évitant à peine les gosses de minuit.

Alors, l’image de la rencontre est revenue sur l’écran. L’innocence se partageait au pied du second couloir, sur le terrain vague de mon voyage.

Album


Posted by iscia on février 17th, 2011 :: Filed under album,dirty,ether,Iscia,vert
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