desordionie
des ors d'Ionie – desordre d'isle

anitya

Papier

 

encore une fois, je crois que j’ai perdu – et c’est un don – dans ce voyage intérieur, jusqu’au sens des mots, à force de les démanteler, de fissurer leurs origines et la fin de leurs sens supposés, par mon propre élan de vie, l’esprit qui habite ce corps – qui est le mien ; cependant une chose est certaine : ce que je ressens est bien réel, je suis vivante et j’aime observer mes cellules comme autant de nuages qui viennent et disparaissent – Anitya !

 

 

 

 


Posted by iscia on mai 28th, 2014 :: Filed under bleu,bruit,ether

ethereal


Posted by iscia on janvier 7th, 2014 :: Filed under ether,Iscia

appel

Je voyage en silence autour du jardin

– « Aurais-je un beau jardin ? demandait quelque fois Arnold à son jardinier.
– Certainement, Monsieur, répondait celui-ci, vous aurez des choses qu’on ne voit nulle part ; vous aurez des roses vertes, et des roses noires, et des roses bleues.
– Vraiment ! »
Voyage autour de mon jardin, Alphonse Karr

Et je relis mes pages, des pages, mon journal mémoire sur l’écran trouble du vent, les lieux où j’ai habité où j’ai laissé des traces, y compris dans le creux des emails éparpillés au cinq coins du monde…

Ce long voyage qui a commencé loin dans le temps de mon enfance se retourne sur lui-même : comprendre le départ, les départs, le désir de cette distance, de cette aventure, l’inconnu du désir …

Comprendre, non ! c’est absurde, ce sera toujours pour capter l’énergie de cette innocence, cette spontanéité, sur le terrain de mon histoire, de mes rencontres traversées, et voilà ! continuer loin, encore plus loin… malgré les vents contraires et l’ardeur du soleil qui brûle les yeux.

Dans ma nuit, si brève, hélas
Le vent a rendez-vous avec les feuilles.
Ma nuit si brève est remplie de l’angoisse dévastatrice
Ecoute ! Entends-tu le souffle des ténèbres ?
De ce bonheur, je me sens étranger.
Au désespoir je suis accoutumée.
Ecoute ! Entends-tu le souffle des ténèbres ?
Là, dans la nuit, quelque chose se passe
La lune est rouge et angoissée.
Et accrochée à ce toit
Qui risque de s’effondrer à tout moment,
Les nuages, comme une foule de pleureuses,
Attendent l’accouchement de la pluie,
Un instant, et puis rien.
Derrière cette fenêtre,
C’est la nuit qui tremble
Et c’est la terre qui s’arrête de tourner.
Derrière cette fenêtre, un inconnu s’inquiète pour moi et toi.
Toi, toute verdoyante,
Pose tes mains – ces souvenirs ardents –
Sur mes mains amoureuses
Et confie tes lèvres, repues de la chaleur de la vie,
Aux caresses de mes lèvres amoureuses
Le vent nous emportera !
Le vent nous emportera !

Forugh Farrokhzad

La lune est rouge et angoissée … C’est bien triste, un poème comme un premier dimanche d’automne.

 

Ici je reconnais la beauté mélancolique qui me conduit à travers les âges de l’initiation, de la découverte, de la joie, cette grandeur inaccessible des nuages multiples et à travers l’infini des couleurs je parcours d’autres images… les images des films d’Abbas Kierostami à la même époque par exemple, la musique d’Alela Diane, de Björk,

et encore Leonard Cohen, The Stranger Song

et les poèmes ivres d’amour et de folie d’Hafez, d’Omar Khayyâm qui chantent le bonheur du présent
Depuis le début de cette écriture, j’avais en vérité ce pendule en tête (photo ci-dessous d’une céramique prise dans un livre sur l’art perse en 2005), ce bleu et cette énigme du palmier, de l’horloge même, Je ne veux pas qu’on tue cette femme.

Après certaines virgules, parfois je sens que l’alcool s’est évaporé, je ne reconnais pas les mots que j’avais choisis patiemment sur le chemin, ceux qui m’avaient invitée, qui se sont dissous dans l’abime les marécages des temps incertains. Les mots demeurent cette énigme.

J’écris toujours à l’envers. Je me cache, je joue … toute seule, qui me comprendra ?

 

Qui étais-je alors ? Qui suis-je maintenant? Dans le jardin.

 

Ce n’est pas par nostalgie je retourne la terre des choses du passé. Je cherche aujourd’hui à expliquer ma démarche d’artiste, le pourquoi de mes questionnements, la réalité de mon errance. Je veux partager, mais cela suffit-il ? Quel est mon message ?

Absurde again.
Et réapparaît Zénon, non ! pas le Zénon d’Élée, de la flèche, d’Achille et de la tortue, mais celui de Marguerite Yourcenar dans l’Oeuvre au noir, il comblait mon désir de liberté … et cet Orlando de Virginia Woolf qui m’impliquait dans l’aventure fulgurante avec la terre, le ciel, les arbres, l’amour encore…

Dans les cartons, j’exhume une photo de moi à 19 ans, la seule qui me reste sans doute. J’ai déjà cet air sauvage, libre et en même temps sous un sourire à peine visible se révèle un personnage légèrement hautain. Je regarde avec émotion, interrogation, mes premières photos prise au Nikon, je relis d’anciens emails qui ont traversé le temps des différentes boites, je feuillette quelques pages de Touarance et d’attiRANce.

Ah oui, le sujet de ce papier était « Pourquoi l’Orient depuis les premiers temps ? »

Annemarie Schwarzenbach. Je me souviens de l’emprise des récits de voyage de cette femme écrivain suisse, photographe et voyageuse, qui a fui les conventions et le confort de son milieu à la recherche de l’Absolu, loin en Orient, Turquie, Iran, Pakistan, Afghanistan dès 1934 au prix de la solitude et de la désespérance.

 

« Un jour, il me faudra repartir et quitter cette île, poussée par mon impatience, en proie à l’errance, à cette force impérieuse et à ce penchant qui me jette vers des buts inconnus. »

 

Se jeter dans l’encre, la terre,
Ecrire le baiser
le Manque
l’Embrassade du présent
Tes doigts bleus qui habitent ma nuit.

 


 


Posted by iscia on septembre 30th, 2013 :: Filed under bleu,ether,Iscia
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ce n’était qu’un poème …


Voyelles

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;

I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrement divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
– O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

Arthur Rimbaud (1871)


Posted by iscia on juillet 14th, 2011 :: Filed under couleur,ether,Iscia
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Day One – Rules

Passage piétons, Tokyo, Japon


Posted by iscia on mars 28th, 2011 :: Filed under ether,Iscia
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Opposite of ‘wayting’ (sic)

L’album est ici


Posted by iscia on février 28th, 2011 :: Filed under album,dirty,ether,vert
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petrol adjuvant in Hanoi

Nothing to add in my glass except the venom of my lust


Posted by iscia on février 27th, 2011 :: Filed under album,dirty,ether,Iscia
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promised me poem

Et bien, voilà. J’ai craqué. J’ai quitté le gris de la tornade. Les autres sont tombés dans le Mékong avec leur appareil photo. Ils auraient dû s’en douter. Des dizaines  de curieux alignés sur le parvis de la Province de Vientiane à vouloir coucher le soleil, c’était trop facile. L’opium les a piqué et leur royaume s’est échu tel un éphémère. Seuls les enfants se sont sauvés à temps avec leur panier d’osier et leurs chiffons mordorés.
Je suis partie au moment où le sol est devenu nénuphar et le ciel interdit. Les engins arrivaient à cet instant-là. Je les entendais. Sourds et muets. Des masses puissantes toute alarme intérieure. Mais, je n’avais pas peur. J’avais perdu cet instinct de sauvegarde. Je me sentais en sécurité sur les paupières de la lune.
Un mouvement de particules continuait de buriner la terre et les hommes libres disparaissaient un à un dans la poussière. Leur souffle ne remplissait pas le vide et la béance confondait l’avenir.
Je savais que le gris des soirs d’avant marquait l’absence de l’aimé. J’avais beau faire tourner les ocres de ma lentille, le blanc n’était plus blanc dans la balance. Je voulais croire que cela n’avait pas d’importance. Je suivais le terrain vague, instable qui s’effritait sous mes pas. Plus j’avançais, plus je voyais mes traces se quadriller. Je ne voulais pas comprendre, bien sûr. Je niais l’évidence de ce dessin absurde et la folie hors de cette tornade. C’était peut-être pire, j’avais oublié la réalité de cet exotique non-direction.
Heureusement autour de moi les enfants persistaient à rouler dans la farine certaines tours d’échecs et marchandaient à bons prix les appareils photos ramassés au fond de l’eau. Je n’aimais pas les enfants, mais je trouvais leur cris rassurants.

Je l’aimais comme au dernier jour, sombre dans sa parure d’étain. Grand, majestueux, solide dans la décadence de la première ligne. Le soir révélait le jade de ses dents impures. J’étais face à son ombre rouge qu’il faisait parvenir depuis le temps d’autrefois. Sa mécanique m’était familière désormais. J’aurais pu le décevoir encore une fois. Et puis, soudain, une poignée de mains a roulé. Je me suis retournée. J’avais rêvé qu’il m’avait tué. L’engin s’ébroua avec fracas nocturne. Au risque de chuter, de casser les pièces de son squelette, je le voyais hurler un chant marin sans condition. J’étais morte de plage souterraine. Il manquait une trompe dans l’argenterie de mon cauchemar. You promised me poems.

Une fois, je me relevais. Je voyais l’engin s’éloigner dans la poudre du fard. Il restait une couronne d’encre sur la place de la foire. Elle était accrochée à la pipe du bas-relief. J’étais rassurée. Je le croyais Sauveur, suspendu au camion de poubelle qui arrivait. Impeccable dans son habit de soie au masque de plâtre. Il filait droit sur l’hôtel, évitant à peine les gosses de minuit.

Alors, l’image de la rencontre est revenue sur l’écran. L’innocence se partageait au pied du second couloir, sur le terrain vague de mon voyage.

Album


Posted by iscia on février 17th, 2011 :: Filed under album,dirty,ether,Iscia,vert
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ce n’est qu’une photo et …

elle est sur FB et Ors-photo, mais je l’aime tant !

MAJ: 6h après

DJ Habett, Sin of Us Memories

… Drift my way … THX


Posted by iscia on janvier 28th, 2011 :: Filed under album,dirty,ether,humeur,Iscia
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& my nights (2)

Mes nuits sont blanches,
ondes sans rêve …
White Clouds
vibration intermittente
je renais et disparais
in the same time
maintenant
la lune se dissout lentement
le ventre creux
il n’est plus de regard
le silence bat
dans le creux du ventre
il manque les oiseaux et le feu
les mots, et les bleus

Le sol de mes nuits
le détail des oublis
la rivière des réveils
l’absence de mes lèvres
le charbon dans mes mains
la vanité et mon ombre

Je ne suis qu’ici
rire et cris
violence sans or
totale sans ordre

Il n’est plus d’attente
qu’un réverbère au loin
une revendication

Je préfère l’isolement à la terrasse, la chambre au désert, la prison au milieu du désert. Je préfère les histoires dans les regards que les feintes mal assumées. Je partage mes nuits avec les détails. L’importance d’être là où je suis, de sentir la terre de mon voyage. Le lacet que je refais sur le trottoir shirazi, les posters des célébrités accrochées à l’hôtel, le détail des toilettes avec ou sans papier, le mot démocratie pointé dans le regard de celui qui n’a pas de liberté,

la couverture rêche des acariens sans avenir, les mots que je laisse partir, les pieds en fusion avec la lumière, la moquette usagée de l’hôtel qui n’a pas parlé, les sachets de thé dont on ne veut plus, les taxis qui font payer, les bus aux fauteuils cassés, la mangue sur les rayons après l’errance et la perte, le banquier qui évoque Sartre et conseille le meilleur change au bas de la rue, les détails des hommes blancs à distance, la beauté des yeux qui n’approchent pas, l’objection des souks appelés bazars dans le pays d’à côté, l’administration et mon incompréhension, la peine éprouvée dans les rues désertes sous le soleil omani, l’ennui sous perfusion qui gagne le terrain de l’attention, la solitude de la personne seule …


Posted by iscia on novembre 25th, 2010 :: Filed under blanc,ether,Iscia
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