desordionie
des ors d'Ionie – desordre d'isle

Mes rêves seront des rêves sauvages

 

 


Posted by iscia on janvier 17th, 2014 :: Filed under Iscia,vert

sas

Et l’abattement arrive au bout des 7 mois de voyage. L’épuisement sans fatigue, l’irritation de la solitude et l’ennui de toujours vouloir l’isolement, le retrait, la distance. Ce pays a des règles que je ne comprends pas (pas pu changer mes billets pour éviter ce séjour trop long de 5 jours) et des têtes sorties de je ne sais quel film. Je crois que je suis fatiguée de chercher à comprendre comment fonctionne une ville, où je peux dormir, manger, prendre les transports avec mon budget. Où sont les endroits que j’aime. Ce n’est jamais facile, car je ne suis pas facile. Finalement j’ai des exigences, même si je peux me contenter de peu.

J’essaie de profiter de ce temps pour me reposer, faire le point, penser le voyage dans les prochains jours. Pas facile quand on n’a pas le choix d’un endroit confortable. Je n’aime définitivement pas les dortoirs. Et puis, les problèmes techniques ne s’annoncent jamais. Crash d’un des deux disques durs. Heureusement le deuxième était (presque) à jour. Quelques photos de la fin du Japon et de Hong Kong perdues.

Evidemment les angoisses existentielles en profitent pour remonter des profondeurs du passé et cela aux pires moments de faiblesse. Dans quel pays vais-je vivre à mon retour ? quelle ville ? quel job qui me laissera libre ? Je suis seule face à moi-même et l’impression de tourner en rond m’énerve encore plus. Pas si facile d’être une vagabonde amoureuse des draps blancs et de la solitude. Le sas se termine lundi matin. Encore trois jours (à l’heure où je l’écris). Le lundi soir je dors sur un autre continent, à l’autre bout de la terre, à Santiago de Chili. Une nouvelle page ?

En attendant deux pages en couleurs nouvellement mises en ligne : Rouge et Vert


Posted by iscia on avril 9th, 2011 :: Filed under chambre,humeur,Iscia,rouge,vert
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Day Two – Vice [Tool]

« Kachidoki-bashi » Bridge, Tokyo

°


Posted by iscia on mars 29th, 2011 :: Filed under Iscia,légèreté,vert
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belles


Emprises de Kyoto

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Posted by iscia on mars 26th, 2011 :: Filed under chambre,dirty,Iscia,vert
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dans la nuit les trains …

Hiroshima ma solitude


Posted by iscia on mars 21st, 2011 :: Filed under Iscia,vert
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Adieu Vietnam

Adieu Vietnam,

j’ai vu tes ruelles encombrées et tes salles désertées
j’ai dormi seule, et j’ai trouvé le café peu salé
vous étions nombreux à m’attendre
mais je me suis effacée, j’ai oublié pourquoi

je n’aurais pas perdu ma forme si je n’avais pas
essayé de remonter le pont Long Bien
et ou de descendre la ligne de chemin de fer,
l’arrêt était un accident juste

à nouveau l’horizon du départ, un vol
la perspective de l’arrivée,
une nouvelle ville, extrême, Tokyo

je jouerai une femme aux yeux verts
qui porterai un sac avec un violon dedans
et un porte-manteau

je regarderai les panneaux
que les étoiles jètent sur le trottoir avant de disparaitre
et je manipulerai les cartes que je n’ai pas encore gagées

Triple Album

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Posted by iscia on mars 10th, 2011 :: Filed under album,bruit,vert
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wayting station

S’il vous plait, où puis-je prendre mon billet ?

Les particules vertes, insolubles, s’échangent des infos que j’écoute bas. Elles ne prennent pas les radios et m’écartent du plan. Je sais bien le vacarme de leur puissance et mon impuissance au-delà de la porte. Le plastique de ma béquille d’ailleurs a commencé à s’effriter. Je sens la peau se rétrécir, les frissons bloquer les muscles qui ne bougent plus déjà que dans une déstructuration cyclonique. Pourtant, ils sont là, ceux qui attendent. Ils sont bien là sur les quais, et j’entends leur respiration. Les vivants voyagent, je l’ai déjà dit. Ils emportent avec eux des magasins de thé et de riz. Et des coussins de protection. Ils ont même retranscrit les paramètres sur leur portable. Je crois qu’ils savent leur destination, tout est déjà enregistré. Mais, en fait, je les vois attendre eux aussi le train. Ils ont pris leur billet. Le billet dans la main.

Je suis à la capitale et je comprends enfin le calque de l’étape. Le gris qui avait embrouillé nos sens, heurte maintenant mes images. Je me retrouve à Paris sous la pluie et je n’ai toujours pas de parapluie. Je l’ai laissé à Muscat. Un parapluie pour une révolution.

Ce n’est pas vrai, ils n’attendent pas. Je scrute les cubes de leur fauteuil. Ce sont des trains intégrés au cerveau. Ils bougent comme des molécules dans un bouillon. Oeufs invisibles pour les yeux. Ils ont raison de ne pas s’en faire. Le train est sur les rails, il n’y a plus de discussion.

Nulle indication ne me permet de croire qu’il sera là. Je pousse quand même le charriot et pénètre derrière les panneaux. Je ne vois désormais que leurs ombres. J’ai la croyance que c’est là mon espace de liberté. Je ferme les yeux et vole les éclats, le parfum de mes heures. Cette vrille en Noir et Blanc sera mon refuge, le détournement de ma vie. Je gage mon retour dans l’électronique de ces émotions. Mais, au fond, tout au fond, c’est toujours la même histoire. Je n’ai rien à déclarer. Les pages s’accumulent et je ne suis pas partie. Je les aurais perdues avant, dans la seconde suivante.

Il dit qu’il garde espoir de me revoir. Je conserve le souvenir du rythme et son absence, la fraction de l’attente et la durée du trouble. Pourquoi suis-je toujours en train de me perdre ? Cette gare me confond. J’avance et recule en même temps. Mes pas ne me connaissent pas. Ils tournent et oublient les questionnements extérieurs. « Motorbike ? » Non, je veux rester ici ! Je circule dans le carré de la gare. Une femme me bouscule du doigt. Je téléphone, mais personne ne répond plus. Les chaises ont acquis leur transparence à force d’attendre. Les couloirs du grand hall international sont fermés. Je me retourne. Derrière moi, les vitres descendent les images de la réalité. Elles contiennent l’encre des souffles de l’attente. Certes, le billet est mon travail, c’est comme un devoir, une urgence. Je l’aurais compris quand j’en aurais fini.

Le départ est annoncé. Les regards se réveillent. Le sifflet frappe la conscience de la rupture. La vérification des paramètres oblige encore à croire que cela est possible. Ou croire que ce n’est plus impossible. C’est même certain, le wagon a bougé. Les bras des hommes reculent. Toa 5. Toa 4. Toa 3 jusqu’à Toa1. Il n’y a plus rien après. Que le quai vide qui oblige à ne plus penser à cette réalité de la séparation. Il n’y a plus rien que l’impression d’impuissance. Les vivants sont en voyage, ils emportent avec eux leurs espoirs. Les chaises sont rangées. La distance, les chaises, me plongent dans le sac de mes références.

J’ai choisi de bouger. Je sors et regarde les hommes consulter les panneaux. A nouveau. Le prochain train y est sans doute annoncé. Je quitte l’espace quadrillé. Je tiens toujours mon compagnon par la main. Je n’ai pas oublié que nous étions dans un passage filtré. Si les pieds nus des hommes indiquent la distance entre les épidermes isolés et les courbes lubriques des écrans, l’illusion du mouvement revient à ce point de départ multiple : l’oubli.

Les images : Opposite of Wayting (sic)

[audio:http://www.desordionie.net/blog/wp-content/uploads/2011/03/gare.mp3|titles=gare de Hanoi, départ](l’enrgistrement du train et des clics de Sulka et du Pshiff de la nana quand on lui dit qu’elle n’a pas le droit 😉

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Posted by iscia on mars 3rd, 2011 :: Filed under album,dirty,vert
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Opposite of ‘wayting’ (sic)

L’album est ici


Posted by iscia on février 28th, 2011 :: Filed under album,dirty,ether,vert
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promised me poem

Et bien, voilà. J’ai craqué. J’ai quitté le gris de la tornade. Les autres sont tombés dans le Mékong avec leur appareil photo. Ils auraient dû s’en douter. Des dizaines  de curieux alignés sur le parvis de la Province de Vientiane à vouloir coucher le soleil, c’était trop facile. L’opium les a piqué et leur royaume s’est échu tel un éphémère. Seuls les enfants se sont sauvés à temps avec leur panier d’osier et leurs chiffons mordorés.
Je suis partie au moment où le sol est devenu nénuphar et le ciel interdit. Les engins arrivaient à cet instant-là. Je les entendais. Sourds et muets. Des masses puissantes toute alarme intérieure. Mais, je n’avais pas peur. J’avais perdu cet instinct de sauvegarde. Je me sentais en sécurité sur les paupières de la lune.
Un mouvement de particules continuait de buriner la terre et les hommes libres disparaissaient un à un dans la poussière. Leur souffle ne remplissait pas le vide et la béance confondait l’avenir.
Je savais que le gris des soirs d’avant marquait l’absence de l’aimé. J’avais beau faire tourner les ocres de ma lentille, le blanc n’était plus blanc dans la balance. Je voulais croire que cela n’avait pas d’importance. Je suivais le terrain vague, instable qui s’effritait sous mes pas. Plus j’avançais, plus je voyais mes traces se quadriller. Je ne voulais pas comprendre, bien sûr. Je niais l’évidence de ce dessin absurde et la folie hors de cette tornade. C’était peut-être pire, j’avais oublié la réalité de cet exotique non-direction.
Heureusement autour de moi les enfants persistaient à rouler dans la farine certaines tours d’échecs et marchandaient à bons prix les appareils photos ramassés au fond de l’eau. Je n’aimais pas les enfants, mais je trouvais leur cris rassurants.

Je l’aimais comme au dernier jour, sombre dans sa parure d’étain. Grand, majestueux, solide dans la décadence de la première ligne. Le soir révélait le jade de ses dents impures. J’étais face à son ombre rouge qu’il faisait parvenir depuis le temps d’autrefois. Sa mécanique m’était familière désormais. J’aurais pu le décevoir encore une fois. Et puis, soudain, une poignée de mains a roulé. Je me suis retournée. J’avais rêvé qu’il m’avait tué. L’engin s’ébroua avec fracas nocturne. Au risque de chuter, de casser les pièces de son squelette, je le voyais hurler un chant marin sans condition. J’étais morte de plage souterraine. Il manquait une trompe dans l’argenterie de mon cauchemar. You promised me poems.

Une fois, je me relevais. Je voyais l’engin s’éloigner dans la poudre du fard. Il restait une couronne d’encre sur la place de la foire. Elle était accrochée à la pipe du bas-relief. J’étais rassurée. Je le croyais Sauveur, suspendu au camion de poubelle qui arrivait. Impeccable dans son habit de soie au masque de plâtre. Il filait droit sur l’hôtel, évitant à peine les gosses de minuit.

Alors, l’image de la rencontre est revenue sur l’écran. L’innocence se partageait au pied du second couloir, sur le terrain vague de mon voyage.

Album


Posted by iscia on février 17th, 2011 :: Filed under album,dirty,ether,Iscia,vert
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instances du dimanche

Au pays du Laos autour du Mékong, les levers de soleil sur la rivière font le bonheur des photographes. Moi-même, je ne peux éviter de sortir mon appareil pour capter quelque chose de cet instant – mais je préfère les couchers qui semblent plus noirs). OK. Mais, tous les jours ne sont pas aussi légers au pays du Laos.

Tout est relatif, il est vrai. C’est que des fois j’ai l’impression de me faire avoir et d’engraisser des gens qui croient qu’on peut rouler innocemment les touristes. C’est le cas par exemple de la nourriture achetée dans la rue qui coute trois fois plus chère, voir cinq fois, quand on est étranger à la face blanche. Mais il y a remède, c’est question d’habitude. Quand on connait le vrai prix d’une soupe avec et sans viande, d’une bouteille d’eau minérale et une « drinking water », d’un Lao Tea, d’une grappe de bananes, on peut s’en sortir. Il suffit d’attendre en faisant les gros yeux que les prix baissent ! Les restaurants, ceux avec des prix en chiffres arabes et des titres en anglais, sont très chers. Et s’il sont dotés de l’étiquette Eco-tourisme, c’est hors de prix (8 $ une soupe de poulet). Entre parenthèse, j’ai du mal à trouver des produits laitiers, à part la « Vache qui rit » remisée … quelques yaourts … mais sucrés.  Ca me manque. Inutile de m’en envoyer par la poste. Je viens d’apprendre que mon dernier colis envoyé de Paris il y a un mois vient d’arriver à Phnom Penh !

Le pire dans tout cela, ce sont les transports en bus et les intermédiaires qui vendent les tickets. Quelle escroquerie, une véritable petite entreprise à gros profits. Entre ceux qui vous disent que le chauffeur est mort le matin et que le bus ne partira pas, qu’il faut dormir une nuit de plus dans la ville ; les autres qui vous assurent que tout est compris, bus, traversée de la frontière à pieds, transfert en bus jusqu’à la rivière et bateau et, au final, il manque le transfert jusqu’à l’eau et on perd 1 heure à attendre en pleine forêt entre au poste douanier, dans un trajet qui fait déjà 7 heures ; et puis, pour couronner le tout, il existe des chauffeurs de bus qui font un détour à midi pour s’arrêter dans un bouiboui excentré pour regarder le tournoi de boxe à la télé … pendant 2 heures et qui après prennent encore une heure pour faire le tour de la ville pour compléter le bus à moitié vide un dimanche …  pour un trajet initial de 7 heures.

Je viens d’arriver à Savannakhet. La Guest House que j’avais réservée le matin m’annonce que les Vietnamiens ne sont pas partis finalement ??? et m’envoie plus loin … du Mékong.
Oui, on est le 13. Mais, ce n’est pas ça : on est dimanche et un dimanche au Laos, ce n’est pas un jour comme un autre.

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Après une nuit réparatrice avec disparition des coqs remplacés par une pluie torrentielle au petit matin, je me suis levée, comme un lundi. Tour en direction du Mékong, puis demi-tour : fleuve sordide sous les flaques d’eau et la Thaïlande en face sans paillettes. Direction le marché : j’ai enfin acheté un pantalon de rechange. J’ai pris de quoi manger aussi. J’ai l’impression que j’ai besoin de faire attention un peu plus à moi. Qui le fera sinon ? Il y a du laisser-aller.

J’attends mon bus de nuit, Bus VIP pour Vientiane, la capitale. J’attends dans ma chambre ordinaire pour VIP (?) en proche banlieue. Je devrais à cette heure quitter les lieux, check-out, mais je n’ai pas envie. Je me demande si je ne vais pas finir la bouteille de W. Il y en a si peu ! Avec les quelques branches de litchis … J’écoute de la musique et plane sans fan.
Il fait drôlement frais. Est-ce cette fraicheur hivernale qui m’incite au repliement sous ma couette-duvet ? Envie de partager avec vous ces moments-là aussi. Bien sûr, je pense à Paris, mon appartement, ma couette, mon chat (que devient-il ?), mes amis si lointains. Et, même, à 10 000 km, dans cet espace d’errements solitaire, je suis bien. Toujours aussi chanceuse. Sur les routes, toujours vers l’Est. Il me reste presque deux mois encore à l’Est.

Que vais-je faire maintenant ? Je bouge vers le Nord Laos, Nord Vietnam. Je cherche une idée pour partir …
Je vois flotter le drapeau communiste, je vois ces vieilles femmes à l’air hargneux prendre le virage du tourisme à 180°. Certains détails sont récurrents d’un pays à l’autre. Certains même me rappellent le Moyen-Orient qui n’existaient pas au Cambodge : les oiseaux dans des cages à l’entrée des magasins, les assiettes d’herbes fraiches avec le riz ou la soupe, les jeunes qui se recoiffent dans les rétroviseurs, les femmes élégantes avec des chemisiers à volants et des jupes-sarong très seyants, des maisons non terminées au milieu des rizières ou dans les quartiers périphériques. Le riz gluant se mange avec les mains, comme en Inde. Sinon, le reste à la baguette de bambou.

Je croise pas mal de français, dans le coin. Les peu de mots que j’arrive à sortir me renvoient à mon angoisse primitive, mes mots écorchés et autres lapsus me révèlent malgré moi. Je n’ai pas changé, je désire toujours me cacher, comme le crabe sous une pierre. Les autres n’ont pas changé non plus. Même avec quelques affinités de voyageur en partance. Je cherche une idée pour aimer …

J’attends la nuit pour sortir. Juste avant la nuit. J’ai négocié avec le type qui est monté pour le check-out. Prolongation de la couette jusqu’à 16h 🙂 pour un plat de nouilles au resto !
Je ne cherche pas. Je ne cherche plus, depuis ce moment-là, à Damas. Je m’en souviens très bien maintenant en regardant la photo. J’ai tout vidé de mon désir. Abandon total. Oui, cela peut être simple. Mais en même temps, c’est compliqué et pas tout à fait résolu : cette envie de partir, d’aimer, de résister … Le Désir est géant, d’autant plus dans les cas où chaque seconde est perdue, comme aujourd’hui ; jouissif, quand chaque dollars du cadeau est gaspillé, comme l’extra de 4 heures supplémentaires sous la couette ; quand l’odeur du W. m’enlève …

Album Instances


Posted by iscia on février 14th, 2011 :: Filed under album,chambre,vert
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