desordionie
des ors d'Ionie – desordre d'isle

O Bleu

Eau des Ondes et des Ors de l’Océan …

South America

Il attendait qu’elle repose sa tasse de thé vert.

– O l’Oméga ?
– Oui, la dernière voyelle de ce poème.
– Je ne l’ai pas oubliée. J’entends encore le Clairon de cette page disparue. Tu m’écrivais alors que tu étais en Amérique du Sud, que tu avais trouvé la paix u milieu des pierres tombales, dans les cimetières désertés de Buenos Aires. J’avais cru que tu reviendrais.

Elle leva les yeux vers lui, ses bras s’attendaient dans l’infini, ses lèvres étaient couchées sur une plage déserte.

– J’étais loin. Loin de toi, très loin, à l’opposé de l’Océan, je crois. En pleine tempête, exilée. Je lisais Dylan et regardais la mer se fracasser contre le hublot.
– Le bout du bout du monde?
– Non, je ne suis pas allée jusque là, je le voulais pourtant. Je ne sais même plus si je le regrette …
– Vraiment ? On dirait que tu as oublié…

Il avait raison. J’oubliais au fur à mesure que je buvais le monde à l’envers, je me perdais au rythme des kilomètres que je réclamais.

– Oui. Non ! Je ne sais plus. Je n’ai plus de souvenirs. Les rayons s’oxydent. Je crois que tout s’est effacé après avoir déserté l’Asie. J’ai tout laissé là-bas.
– Tu étais où alors ? à l’Est ? à l’Ouest ?
– Sur un autre continent. Je me souviens très bien de la violence de la lumière qui me brisait les yeux. C’était comme si on m’avait ouvert la tête. Les ondes lumineuses opéraient des oxymorons particuliers. Mon corps se concentrait dans les rares doigts qui me restaient. J’étais reliée aux phalanges d’une ode étrangère.
– Les phalanges de la félonie.

Combien de rêves avais-je trahis et combien de rêves m’avaient trompée ? De qui étaient ses mains qui me brûlaient ? What does that mean? Etait-ce un combat, une fugue, un subterfuge ? Une rencontre à Helsinki? Une déroute en exil ?
L’instant vibrait, une ruse.

– Je reconnais sur la route les mots qui t’étaient destiné, ils étaient dissous dans l’ozonosphère mais je les ai retrouvés dans la roche volcanique des Moaïs.
– Je t’ai perdue comme on découvre un oasis.
– Cette odyssée, c’était toi. Cet exode, mon feu. L’omnibus de mon omission. Un sortilège qui s’évide sans contrainte et s’achève … m’achève …
– Tu es la fin et le début d’un alphabet que toi seule connais.

Au retour, je t’ai vu libre … ovale comme une barque peinte en bleue et l’or du Pacifique …

 

End

Omega

Bleu : les posts

 

« ce n’était qu’un poème … »


Posted by iscia on juin 30th, 2011 :: Filed under

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