desordionie
des ors d'Ionie – desordre d'isle

I Rouge

I rubis calice

India

Je n’avais pas de raison d’être ici. La musique effrénée des mes amours était piégée entre les barreaux de mes souvenirs. J’étais sur une terre de haillons, avec une mer pourpre et dangereuse, sans idylle. Un goût amer venait de la forêt de bananiers. Je suis partie de bus en bus, de train en train, d’ici et d’ailleurs. L’aiguille du vent à l’Est, la finale à Madras. Colère et silence. Personne ne m’attendait, personne ne viendrait. Seul un singe m’a rejoint dans ma couche sur les rocs sacrés.

La pollution épancha ses couleurs sur le seuil vermeil de cet échec. La terre était souillée. C’était la fin de la mousson sur la côte Est. Je restais ici, errant dans les rues de la ville de Madras sans portrait. Engloutie par les tourbillons d’un tsunami ancien, enfermée dans la chambre sans armoire. Evitant les dernières flaques du matin.

Je regardais les indiens dormir sur le bitume défait. Le sang du lit des icônes. Leurs absences sans rêve remontaient l’ivresse du tapage et des klaxons. Les enfants étaient nus, comme sur les images. Seul un lien autour du ventre les retenait. A Pondichéry, je me laissais couler dans le bruit des vagues. La force de la mer reproduisait les bords de la folie et l’ordre du chaos. J’avais trouvé un liquide d’Islay, à défaut d’une idée.

Puis, le matin, l’agencement des jours revenait. L’enfant dans le rickschaw, la vieille dans la charrette. L’épicerie qui ouvrait, le tchaï sucré et les portables qui s’identifiaient. Au retour, l’itinéraire avait changé. La mère chassait les poux des petits morpions. Au milieu du trottoir, une femme tressait des colliers de jasmin et de roses.

Cris des ondes belles dans l’harmonie ingrate du repli.

I rouge : posts

« ce n’était qu’un poème … »


Posted by iscia on avril 9th, 2011 :: Filed under

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.