desordionie
des ors d'Ionie – desordre d'isle

U Vert

U Extrême, Ultime …

Extrême-Orient

Les longues plaines lointaines du Cambodge m’ont presque fait oublier que l’hiver s’y était installé. Les mots de l’Extrême-Orient aux pieds de feu donnaient le ut de cette nouvelle étape. Les arbres ont gardé leurs feuilles pour me tromper, seules les orchidées auraient pu me mettre sur la piste du décalage. Je souffrais de la chaleur et les villes humides et bruyantes de cette Asie-là, où je n’avais jamais mis les pieds auparavant, ont été une épreuve.

Je cherchais les lumières dans la nuit de Phnom Penh, le néon effrayait mes démons, j’étais seule dans mon rêve de le retrouver. Je me perdais souvent. Les méandres du Mékong étaient insuffisants et la fatigue et les cauchemars revenaient jusqu’au bout du monde. Seule dans ma chambre, je pleurais en écoutant Dylan. A Muang Khua au Laos, j’ai perdu patience, mais j’espérais que le chemin changeât. Passé Dien Bien Phu au travers les hautes montagnes inaccessibles et les forêts rasées au napalm, j’ai cru enfin qu’Hanoï me libèrerait. En vain. Qui me fera confiance désormais ?

J’ai quadrillé le quartier de la cathédrale, du lac de la Tortue, Hoàn Kiem, à la Cinémathèque, j’ai hanté les couloirs sombres où l’on mange, rit, aime et j’ai observé en cachette les chantiers urbanistiques. Le philtre de l’alcool a joué des tours avec les rondes des unissons. Mes oreilles et mes silences ne m’ont pas calmé. Parfois, les nuits rejoignaient les jours, je restais sous la couette tout mon soul, le froid rattrapait les souvenirs d’un Paris gris. J’avais un poème pour me découvrir. Les images de mes impasses utopiques.

Les instances de la peur n’ont pas failli. Je cherchais le goût de la terre. Le Mékong fut une bonne ligne de conduite. J’ai attendu que le train parte, il n’est jamais parti. Bientôt, je me réveillais :  la terre au Japon avait tremblé, magnitude 8,8, le tsunami avait ravagé les côtes du Nord de l’archipel, provoquant le chaos à la centrale nucléaire de Fukushima et dans toute la région. Tokyo était menacé.

L’usage du voyage m’incitait à partir sur cette île extrême pour achever le cycle des mers viriles. C’était mars, l’annonce d’un printemps unique. Même dans mon sommeil la terre bougeait et je buvais l’univers à l’envers. Je continuais à boire. Je continuais à dériver. Dans l’urgence de cet état semi-comateux, dans l’obscurité de mes 5 heures, les rêves étaient plus forts. Vide. Vanité. Absolu. J’avais trouvé une huile miraculeuse pour la sécheresse. J’y ai cru un moment. Ma peau ne cicatrisait plus. Il a fallu du temps. Puis les vapeurs de l’Orient et la fumée de l’encens m’ont tout fait oublié. Je suis repartie. Le corps exsangue, la misère aux chevilles, je sentais un étau entre les doigts uraniques le mon destin

Convolutée aux bras de l’ultime.

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« ce n’était qu’un poème … »


Posted by iscia on avril 9th, 2011 :: Filed under

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