attente" />

desordionie
des ors d'Ionie – desordre d'isle

hiver

 

pourtant aucun champignon dans les feuilles
des milliers de couleurs, ocre
l’arbre se défaisait tandis que je le regardais
que je suis pauvre ! mes mots peinent à me reconnaître
pourtant j’aimais sa prestance, sa fragilité
le vieil Anders m’avait demandé de m’approcher de mon sujet

je m’approche, je garde entier ce désir de complétude,
virant brusquement du vert de l’enfance au blanc de la passion
je me brûle mais comment ne pas souffrir
voilà cet hiver que j’attends

 

 

 

 

 


Posted by iscia on décembre 10th, 2013 :: Filed under Iscia
Tags ::

wayting station

S’il vous plait, où puis-je prendre mon billet ?

Les particules vertes, insolubles, s’échangent des infos que j’écoute bas. Elles ne prennent pas les radios et m’écartent du plan. Je sais bien le vacarme de leur puissance et mon impuissance au-delà de la porte. Le plastique de ma béquille d’ailleurs a commencé à s’effriter. Je sens la peau se rétrécir, les frissons bloquer les muscles qui ne bougent plus déjà que dans une déstructuration cyclonique. Pourtant, ils sont là, ceux qui attendent. Ils sont bien là sur les quais, et j’entends leur respiration. Les vivants voyagent, je l’ai déjà dit. Ils emportent avec eux des magasins de thé et de riz. Et des coussins de protection. Ils ont même retranscrit les paramètres sur leur portable. Je crois qu’ils savent leur destination, tout est déjà enregistré. Mais, en fait, je les vois attendre eux aussi le train. Ils ont pris leur billet. Le billet dans la main.

Je suis à la capitale et je comprends enfin le calque de l’étape. Le gris qui avait embrouillé nos sens, heurte maintenant mes images. Je me retrouve à Paris sous la pluie et je n’ai toujours pas de parapluie. Je l’ai laissé à Muscat. Un parapluie pour une révolution.

Ce n’est pas vrai, ils n’attendent pas. Je scrute les cubes de leur fauteuil. Ce sont des trains intégrés au cerveau. Ils bougent comme des molécules dans un bouillon. Oeufs invisibles pour les yeux. Ils ont raison de ne pas s’en faire. Le train est sur les rails, il n’y a plus de discussion.

Nulle indication ne me permet de croire qu’il sera là. Je pousse quand même le charriot et pénètre derrière les panneaux. Je ne vois désormais que leurs ombres. J’ai la croyance que c’est là mon espace de liberté. Je ferme les yeux et vole les éclats, le parfum de mes heures. Cette vrille en Noir et Blanc sera mon refuge, le détournement de ma vie. Je gage mon retour dans l’électronique de ces émotions. Mais, au fond, tout au fond, c’est toujours la même histoire. Je n’ai rien à déclarer. Les pages s’accumulent et je ne suis pas partie. Je les aurais perdues avant, dans la seconde suivante.

Il dit qu’il garde espoir de me revoir. Je conserve le souvenir du rythme et son absence, la fraction de l’attente et la durée du trouble. Pourquoi suis-je toujours en train de me perdre ? Cette gare me confond. J’avance et recule en même temps. Mes pas ne me connaissent pas. Ils tournent et oublient les questionnements extérieurs. « Motorbike ? » Non, je veux rester ici ! Je circule dans le carré de la gare. Une femme me bouscule du doigt. Je téléphone, mais personne ne répond plus. Les chaises ont acquis leur transparence à force d’attendre. Les couloirs du grand hall international sont fermés. Je me retourne. Derrière moi, les vitres descendent les images de la réalité. Elles contiennent l’encre des souffles de l’attente. Certes, le billet est mon travail, c’est comme un devoir, une urgence. Je l’aurais compris quand j’en aurais fini.

Le départ est annoncé. Les regards se réveillent. Le sifflet frappe la conscience de la rupture. La vérification des paramètres oblige encore à croire que cela est possible. Ou croire que ce n’est plus impossible. C’est même certain, le wagon a bougé. Les bras des hommes reculent. Toa 5. Toa 4. Toa 3 jusqu’à Toa1. Il n’y a plus rien après. Que le quai vide qui oblige à ne plus penser à cette réalité de la séparation. Il n’y a plus rien que l’impression d’impuissance. Les vivants sont en voyage, ils emportent avec eux leurs espoirs. Les chaises sont rangées. La distance, les chaises, me plongent dans le sac de mes références.

J’ai choisi de bouger. Je sors et regarde les hommes consulter les panneaux. A nouveau. Le prochain train y est sans doute annoncé. Je quitte l’espace quadrillé. Je tiens toujours mon compagnon par la main. Je n’ai pas oublié que nous étions dans un passage filtré. Si les pieds nus des hommes indiquent la distance entre les épidermes isolés et les courbes lubriques des écrans, l’illusion du mouvement revient à ce point de départ multiple : l’oubli.

Les images : Opposite of Wayting (sic)

[audio:http://www.desordionie.net/blog/wp-content/uploads/2011/03/gare.mp3|titles=gare de Hanoi, départ](l’enrgistrement du train et des clics de Sulka et du Pshiff de la nana quand on lui dit qu’elle n’a pas le droit 😉

;


Posted by iscia on mars 3rd, 2011 :: Filed under album,dirty,vert
Tags :: , ,

Opposite of ‘wayting’ (sic)

L’album est ici


Posted by iscia on février 28th, 2011 :: Filed under album,dirty,ether,vert
Tags :: , ,