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desordionie
des ors d'Ionie – desordre d'isle

nouvelles livraisons

je suis rentrée avec une valise de livres, de cartes et de notes ;
ici d’autres livres m’attendaient, d’autres feuilles, d’autres attirances

je suis allée marcher comme souvent je le fais pour laisser l’avantage aux contours imprécis de mes questionnements, pendant des heures le corps devient un concentré de poudre comme de la neige en suspension ; je suis arrivée ici malgré la ville, l’écart, la distance, tout est relatif au quotient de la folie

bien sûr c’est mon image qui m’effraie, le clou de la sincérité coincé au pied de la table, à moins que ce soit la tendresse qui pénétre le ciment des ruptures ; puisque les yeux sont prisonniers d’une réalité que je rejette, je serai nomade ;

RIEN ne sera accepté, trop de difficultés –°’

 

mes livres


Posted by iscia on avril 8th, 2014 :: Filed under bleu,brique,bruit,Iscia
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appel

Je voyage en silence autour du jardin

– « Aurais-je un beau jardin ? demandait quelque fois Arnold à son jardinier.
– Certainement, Monsieur, répondait celui-ci, vous aurez des choses qu’on ne voit nulle part ; vous aurez des roses vertes, et des roses noires, et des roses bleues.
– Vraiment ! »
Voyage autour de mon jardin, Alphonse Karr

Et je relis mes pages, des pages, mon journal mémoire sur l’écran trouble du vent, les lieux où j’ai habité où j’ai laissé des traces, y compris dans le creux des emails éparpillés au cinq coins du monde…

Ce long voyage qui a commencé loin dans le temps de mon enfance se retourne sur lui-même : comprendre le départ, les départs, le désir de cette distance, de cette aventure, l’inconnu du désir …

Comprendre, non ! c’est absurde, ce sera toujours pour capter l’énergie de cette innocence, cette spontanéité, sur le terrain de mon histoire, de mes rencontres traversées, et voilà ! continuer loin, encore plus loin… malgré les vents contraires et l’ardeur du soleil qui brûle les yeux.

Dans ma nuit, si brève, hélas
Le vent a rendez-vous avec les feuilles.
Ma nuit si brève est remplie de l’angoisse dévastatrice
Ecoute ! Entends-tu le souffle des ténèbres ?
De ce bonheur, je me sens étranger.
Au désespoir je suis accoutumée.
Ecoute ! Entends-tu le souffle des ténèbres ?
Là, dans la nuit, quelque chose se passe
La lune est rouge et angoissée.
Et accrochée à ce toit
Qui risque de s’effondrer à tout moment,
Les nuages, comme une foule de pleureuses,
Attendent l’accouchement de la pluie,
Un instant, et puis rien.
Derrière cette fenêtre,
C’est la nuit qui tremble
Et c’est la terre qui s’arrête de tourner.
Derrière cette fenêtre, un inconnu s’inquiète pour moi et toi.
Toi, toute verdoyante,
Pose tes mains – ces souvenirs ardents –
Sur mes mains amoureuses
Et confie tes lèvres, repues de la chaleur de la vie,
Aux caresses de mes lèvres amoureuses
Le vent nous emportera !
Le vent nous emportera !

Forugh Farrokhzad

La lune est rouge et angoissée … C’est bien triste, un poème comme un premier dimanche d’automne.

 

Ici je reconnais la beauté mélancolique qui me conduit à travers les âges de l’initiation, de la découverte, de la joie, cette grandeur inaccessible des nuages multiples et à travers l’infini des couleurs je parcours d’autres images… les images des films d’Abbas Kierostami à la même époque par exemple, la musique d’Alela Diane, de Björk,

et encore Leonard Cohen, The Stranger Song

et les poèmes ivres d’amour et de folie d’Hafez, d’Omar Khayyâm qui chantent le bonheur du présent
Depuis le début de cette écriture, j’avais en vérité ce pendule en tête (photo ci-dessous d’une céramique prise dans un livre sur l’art perse en 2005), ce bleu et cette énigme du palmier, de l’horloge même, Je ne veux pas qu’on tue cette femme.

Après certaines virgules, parfois je sens que l’alcool s’est évaporé, je ne reconnais pas les mots que j’avais choisis patiemment sur le chemin, ceux qui m’avaient invitée, qui se sont dissous dans l’abime les marécages des temps incertains. Les mots demeurent cette énigme.

J’écris toujours à l’envers. Je me cache, je joue … toute seule, qui me comprendra ?

 

Qui étais-je alors ? Qui suis-je maintenant? Dans le jardin.

 

Ce n’est pas par nostalgie je retourne la terre des choses du passé. Je cherche aujourd’hui à expliquer ma démarche d’artiste, le pourquoi de mes questionnements, la réalité de mon errance. Je veux partager, mais cela suffit-il ? Quel est mon message ?

Absurde again.
Et réapparaît Zénon, non ! pas le Zénon d’Élée, de la flèche, d’Achille et de la tortue, mais celui de Marguerite Yourcenar dans l’Oeuvre au noir, il comblait mon désir de liberté … et cet Orlando de Virginia Woolf qui m’impliquait dans l’aventure fulgurante avec la terre, le ciel, les arbres, l’amour encore…

Dans les cartons, j’exhume une photo de moi à 19 ans, la seule qui me reste sans doute. J’ai déjà cet air sauvage, libre et en même temps sous un sourire à peine visible se révèle un personnage légèrement hautain. Je regarde avec émotion, interrogation, mes premières photos prise au Nikon, je relis d’anciens emails qui ont traversé le temps des différentes boites, je feuillette quelques pages de Touarance et d’attiRANce.

Ah oui, le sujet de ce papier était « Pourquoi l’Orient depuis les premiers temps ? »

Annemarie Schwarzenbach. Je me souviens de l’emprise des récits de voyage de cette femme écrivain suisse, photographe et voyageuse, qui a fui les conventions et le confort de son milieu à la recherche de l’Absolu, loin en Orient, Turquie, Iran, Pakistan, Afghanistan dès 1934 au prix de la solitude et de la désespérance.

 

« Un jour, il me faudra repartir et quitter cette île, poussée par mon impatience, en proie à l’errance, à cette force impérieuse et à ce penchant qui me jette vers des buts inconnus. »

 

Se jeter dans l’encre, la terre,
Ecrire le baiser
le Manque
l’Embrassade du présent
Tes doigts bleus qui habitent ma nuit.

 


 


Posted by iscia on septembre 30th, 2013 :: Filed under bleu,ether,Iscia
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ce n’était qu’un poème …


Voyelles

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;

I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrement divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
– O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

Arthur Rimbaud (1871)


Posted by iscia on juillet 14th, 2011 :: Filed under couleur,ether,Iscia
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loove//O


Posted by iscia on juin 18th, 2011 :: Filed under Iscia
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bloood


Posted by iscia on juin 18th, 2011 :: Filed under Iscia
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ce n’est qu’une photo et …

elle est sur FB et Ors-photo, mais je l’aime tant !

MAJ: 6h après

DJ Habett, Sin of Us Memories

… Drift my way … THX


Posted by iscia on janvier 28th, 2011 :: Filed under album,dirty,ether,humeur,Iscia
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nights & vanity

Towards no way …

Sometimes things really appear futile, vain, empty …

People lost their own stories and make anothers with some « if ».

The earth please, yes I feel its music.

I lost here this time my way to the East. And a lot of blood and my memory. My hair in the sand. My eyes in white ones. Like a toy in the desert. A smiling friend I can’t take with me.
My words are too dark deep dirty. Nobody can read me…

Brian Eno : Earth floor

Letter from Salalah, in the end of November


Posted by iscia on novembre 30th, 2010 :: Filed under blanc,fantaisie
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White frontiers

la nuit sans frontière
mes lèvres les lignes blanches
Ararat mon oreiller
premières neiges, nouvelle saison
le soleil à l’Ouest
la roue tourne
je ne sais plus la direction

les hommes n’ont pas l’habitude de parler aux femmes
les rues ont des secrets livides
on sait que la police joue aux cartes
et les enfants tronquent les tags
les murs de sable, les palissades camouflées
les immeubles aux cieux tapageurs
les femmes isolées au fond
les cafés où il est encore froid
dehors
les bancs sont encore gelés
il fait nuit à 5 heures
je regarde, je lutte
le bord des yeux auréolé de blanc
l’asphalte gèle les pieds
je ne peux plus avancer
devant moi la frontière sans manteau

album


Posted by iscia on novembre 1st, 2010 :: Filed under album,blanc,Iscia
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départ

Première épreuve : avancer tout droit sans se retourner même si le passage piéton n’était pas encore dessiné …


Posted by iscia on août 29th, 2010 :: Filed under Iscia,noir
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boucle d’fête

boucles d’fête et pierres vert opaline suspendues aux oreilles fines du soir … composantes intérieures diffractées, fréquences heurtées, sourdine

gloire aux hors-la-loi de Chatwin, jour saturé de chaleur et d’isolement, à peine troublé par quelques images, lointaines, celle d’un matin à l’église de Fontrevrault avec la classe de 5e crayon à la main et celle d’une nuit caniculaire dans la ville de Shiraz, entre deux passages, fin du premier voyage et retour proche vers mon pays originaire … flash de Diane dans la longueur d’un jour d’été …

seuls la fatigue du petit matin avant le lever du soleil et le sentiment de l’exil   …


Posted by iscia on mai 24th, 2010 :: Filed under ether,Iscia,noir
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