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desordionie
des ors d'Ionie – desordre d'isle

autre, celle du Nord


Posted by iscia on février 24th, 2013 :: Filed under Iscia
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mon histoire !!

…/… sur les frontières,

j’ai frisé les limites de la ville dans la neige et j’ai usé ma photo au contact du collectif … qu’est-ce que raconte mon histoire ?

Cliquez sur l’image …


Posted by iscia on février 12th, 2013 :: Filed under Iscia
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wayting station

S’il vous plait, où puis-je prendre mon billet ?

Les particules vertes, insolubles, s’échangent des infos que j’écoute bas. Elles ne prennent pas les radios et m’écartent du plan. Je sais bien le vacarme de leur puissance et mon impuissance au-delà de la porte. Le plastique de ma béquille d’ailleurs a commencé à s’effriter. Je sens la peau se rétrécir, les frissons bloquer les muscles qui ne bougent plus déjà que dans une déstructuration cyclonique. Pourtant, ils sont là, ceux qui attendent. Ils sont bien là sur les quais, et j’entends leur respiration. Les vivants voyagent, je l’ai déjà dit. Ils emportent avec eux des magasins de thé et de riz. Et des coussins de protection. Ils ont même retranscrit les paramètres sur leur portable. Je crois qu’ils savent leur destination, tout est déjà enregistré. Mais, en fait, je les vois attendre eux aussi le train. Ils ont pris leur billet. Le billet dans la main.

Je suis à la capitale et je comprends enfin le calque de l’étape. Le gris qui avait embrouillé nos sens, heurte maintenant mes images. Je me retrouve à Paris sous la pluie et je n’ai toujours pas de parapluie. Je l’ai laissé à Muscat. Un parapluie pour une révolution.

Ce n’est pas vrai, ils n’attendent pas. Je scrute les cubes de leur fauteuil. Ce sont des trains intégrés au cerveau. Ils bougent comme des molécules dans un bouillon. Oeufs invisibles pour les yeux. Ils ont raison de ne pas s’en faire. Le train est sur les rails, il n’y a plus de discussion.

Nulle indication ne me permet de croire qu’il sera là. Je pousse quand même le charriot et pénètre derrière les panneaux. Je ne vois désormais que leurs ombres. J’ai la croyance que c’est là mon espace de liberté. Je ferme les yeux et vole les éclats, le parfum de mes heures. Cette vrille en Noir et Blanc sera mon refuge, le détournement de ma vie. Je gage mon retour dans l’électronique de ces émotions. Mais, au fond, tout au fond, c’est toujours la même histoire. Je n’ai rien à déclarer. Les pages s’accumulent et je ne suis pas partie. Je les aurais perdues avant, dans la seconde suivante.

Il dit qu’il garde espoir de me revoir. Je conserve le souvenir du rythme et son absence, la fraction de l’attente et la durée du trouble. Pourquoi suis-je toujours en train de me perdre ? Cette gare me confond. J’avance et recule en même temps. Mes pas ne me connaissent pas. Ils tournent et oublient les questionnements extérieurs. « Motorbike ? » Non, je veux rester ici ! Je circule dans le carré de la gare. Une femme me bouscule du doigt. Je téléphone, mais personne ne répond plus. Les chaises ont acquis leur transparence à force d’attendre. Les couloirs du grand hall international sont fermés. Je me retourne. Derrière moi, les vitres descendent les images de la réalité. Elles contiennent l’encre des souffles de l’attente. Certes, le billet est mon travail, c’est comme un devoir, une urgence. Je l’aurais compris quand j’en aurais fini.

Le départ est annoncé. Les regards se réveillent. Le sifflet frappe la conscience de la rupture. La vérification des paramètres oblige encore à croire que cela est possible. Ou croire que ce n’est plus impossible. C’est même certain, le wagon a bougé. Les bras des hommes reculent. Toa 5. Toa 4. Toa 3 jusqu’à Toa1. Il n’y a plus rien après. Que le quai vide qui oblige à ne plus penser à cette réalité de la séparation. Il n’y a plus rien que l’impression d’impuissance. Les vivants sont en voyage, ils emportent avec eux leurs espoirs. Les chaises sont rangées. La distance, les chaises, me plongent dans le sac de mes références.

J’ai choisi de bouger. Je sors et regarde les hommes consulter les panneaux. A nouveau. Le prochain train y est sans doute annoncé. Je quitte l’espace quadrillé. Je tiens toujours mon compagnon par la main. Je n’ai pas oublié que nous étions dans un passage filtré. Si les pieds nus des hommes indiquent la distance entre les épidermes isolés et les courbes lubriques des écrans, l’illusion du mouvement revient à ce point de départ multiple : l’oubli.

Les images : Opposite of Wayting (sic)

[audio:http://www.desordionie.net/blog/wp-content/uploads/2011/03/gare.mp3|titles=gare de Hanoi, départ](l’enrgistrement du train et des clics de Sulka et du Pshiff de la nana quand on lui dit qu’elle n’a pas le droit 😉

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Posted by iscia on mars 3rd, 2011 :: Filed under album,dirty,vert
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promised me poem

Et bien, voilà. J’ai craqué. J’ai quitté le gris de la tornade. Les autres sont tombés dans le Mékong avec leur appareil photo. Ils auraient dû s’en douter. Des dizaines  de curieux alignés sur le parvis de la Province de Vientiane à vouloir coucher le soleil, c’était trop facile. L’opium les a piqué et leur royaume s’est échu tel un éphémère. Seuls les enfants se sont sauvés à temps avec leur panier d’osier et leurs chiffons mordorés.
Je suis partie au moment où le sol est devenu nénuphar et le ciel interdit. Les engins arrivaient à cet instant-là. Je les entendais. Sourds et muets. Des masses puissantes toute alarme intérieure. Mais, je n’avais pas peur. J’avais perdu cet instinct de sauvegarde. Je me sentais en sécurité sur les paupières de la lune.
Un mouvement de particules continuait de buriner la terre et les hommes libres disparaissaient un à un dans la poussière. Leur souffle ne remplissait pas le vide et la béance confondait l’avenir.
Je savais que le gris des soirs d’avant marquait l’absence de l’aimé. J’avais beau faire tourner les ocres de ma lentille, le blanc n’était plus blanc dans la balance. Je voulais croire que cela n’avait pas d’importance. Je suivais le terrain vague, instable qui s’effritait sous mes pas. Plus j’avançais, plus je voyais mes traces se quadriller. Je ne voulais pas comprendre, bien sûr. Je niais l’évidence de ce dessin absurde et la folie hors de cette tornade. C’était peut-être pire, j’avais oublié la réalité de cet exotique non-direction.
Heureusement autour de moi les enfants persistaient à rouler dans la farine certaines tours d’échecs et marchandaient à bons prix les appareils photos ramassés au fond de l’eau. Je n’aimais pas les enfants, mais je trouvais leur cris rassurants.

Je l’aimais comme au dernier jour, sombre dans sa parure d’étain. Grand, majestueux, solide dans la décadence de la première ligne. Le soir révélait le jade de ses dents impures. J’étais face à son ombre rouge qu’il faisait parvenir depuis le temps d’autrefois. Sa mécanique m’était familière désormais. J’aurais pu le décevoir encore une fois. Et puis, soudain, une poignée de mains a roulé. Je me suis retournée. J’avais rêvé qu’il m’avait tué. L’engin s’ébroua avec fracas nocturne. Au risque de chuter, de casser les pièces de son squelette, je le voyais hurler un chant marin sans condition. J’étais morte de plage souterraine. Il manquait une trompe dans l’argenterie de mon cauchemar. You promised me poems.

Une fois, je me relevais. Je voyais l’engin s’éloigner dans la poudre du fard. Il restait une couronne d’encre sur la place de la foire. Elle était accrochée à la pipe du bas-relief. J’étais rassurée. Je le croyais Sauveur, suspendu au camion de poubelle qui arrivait. Impeccable dans son habit de soie au masque de plâtre. Il filait droit sur l’hôtel, évitant à peine les gosses de minuit.

Alors, l’image de la rencontre est revenue sur l’écran. L’innocence se partageait au pied du second couloir, sur le terrain vague de mon voyage.

Album


Posted by iscia on février 17th, 2011 :: Filed under album,dirty,ether,Iscia,vert
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histoire de femmes

Je suis arrivée, ils avaient tout ramassé. Je voulais déjeuner. Il faut dire que j’attends tellement avant d’y aller. J’ai toujours quelque chose à faire avant de partir. Il restait une femme avec ses choux fleurs – je l’ai remarqué à cause du blanc des fleurs dans l’obscurité. Je croyais voir un homme qui me surveillait. Les étales étaient protégées par des toiles. Je photographiais dans le silence de midi.
J’ai tourné autour des  planches à découper, des bassines et des crochets. Les images se rapprochaient. Je cherchais encore. Des gris, des opacités. Des jeunes m’ont arrêté. Elles se préparaient pour le Nouvel An. Les ongles, la coiffure. Et riaient.
J’en suivais deux. Elles étaient prises au piège des grilles fermées. J’ai compris que moi aussi j’étais bloquée dans ce marché couvert. Odeurs humides et pourriture de la matinée. Chaleur étouffante qui annonçait un après-midi brûlant. Elles s’arrêtèrent pour une photo puis repartirent. Première sortie fermée. Deuxième aussi. A la troisième elles avaient disparu.

Album Histoire de femmes


Posted by iscia on février 2nd, 2011 :: Filed under album,Iscia
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meandering

La rue est mal éclairée. Sur les pavés, des sacs poubelles éventrés. Un conducteur attend le client : « motorbyke ? ». Je marche, seule, sur les trottoirs défoncés. Plus loin, ils étaient deux. A table ou en train de jouer. Regards de gangster à la lueur du néon.
Les touristes viennent ici pour s’amuser. Dans des zones protégées. Où les limites sont incertaines.

Les méandres de mon espace m’enserrent, m’étranglent. Je ne puis plus bouger. C’est toujours la même musique et les mêmes rires qui montent du resto. Peu m’importe les détails.
Le parfum du jasmin me rappelle les montagnes et les plaines des milles lieux. Je me réveille toujours vers 5h. Cette fois, c’est pour prendre une photo.


Posted by iscia on janvier 13th, 2011 :: Filed under chambre,Iscia,vert
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dernière nuit

On ne fait pas l’amour le dernier soir. Je regarde mes mails, le temps est orageux. Les fleurs sur la table penchent de la tête. Je prends un verre. Dehors la mer est noire. Je ne dormirai pas cette nuit.
J’ai oublié les détails, et pourtant je sais qu’il est parti. Les travestis en bas de l’hôtel ne m’ont rien dit, mais elles le savent bien.
Au loin la mer est chaotique. Les vagues se fracassent sans ordre. Impossible de prévoir le bon moment.

Je pars demain.


Posted by iscia on janvier 5th, 2011 :: Filed under couleur,Iscia,légèreté,rouge
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& my nights (2)

Mes nuits sont blanches,
ondes sans rêve …
White Clouds
vibration intermittente
je renais et disparais
in the same time
maintenant
la lune se dissout lentement
le ventre creux
il n’est plus de regard
le silence bat
dans le creux du ventre
il manque les oiseaux et le feu
les mots, et les bleus

Le sol de mes nuits
le détail des oublis
la rivière des réveils
l’absence de mes lèvres
le charbon dans mes mains
la vanité et mon ombre

Je ne suis qu’ici
rire et cris
violence sans or
totale sans ordre

Il n’est plus d’attente
qu’un réverbère au loin
une revendication

Je préfère l’isolement à la terrasse, la chambre au désert, la prison au milieu du désert. Je préfère les histoires dans les regards que les feintes mal assumées. Je partage mes nuits avec les détails. L’importance d’être là où je suis, de sentir la terre de mon voyage. Le lacet que je refais sur le trottoir shirazi, les posters des célébrités accrochées à l’hôtel, le détail des toilettes avec ou sans papier, le mot démocratie pointé dans le regard de celui qui n’a pas de liberté,

la couverture rêche des acariens sans avenir, les mots que je laisse partir, les pieds en fusion avec la lumière, la moquette usagée de l’hôtel qui n’a pas parlé, les sachets de thé dont on ne veut plus, les taxis qui font payer, les bus aux fauteuils cassés, la mangue sur les rayons après l’errance et la perte, le banquier qui évoque Sartre et conseille le meilleur change au bas de la rue, les détails des hommes blancs à distance, la beauté des yeux qui n’approchent pas, l’objection des souks appelés bazars dans le pays d’à côté, l’administration et mon incompréhension, la peine éprouvée dans les rues désertes sous le soleil omani, l’ennui sous perfusion qui gagne le terrain de l’attention, la solitude de la personne seule …


Posted by iscia on novembre 25th, 2010 :: Filed under blanc,ether,Iscia
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La Mort est blanche

C’est la première chose qu’il m’ait dite – après les civilités et autres courtoisies d’usage entre étrangers : « la Mort est blanche » et finalement « le lac est rond comme la lune ».

J’ai vu combien est immense la blessure, profondes les entailles, noires les intermèdes. Rouler toute la journée sur les bords du lac de Van, entre les marécages, les montagnes, par-delà les cols interminables, … Tout cela n’avait pas suffi à rétablir le contact. Mister Z. effrayé le matin, joyeux à midi, était perdu à nouveau la nuit de son passé. Il n’était pas sorti de Van depuis des années. Depuis la mort de son père et le complot de ses frères le verdict d’un Etat turc qui ne l’avait pas épargné. Etre kurde avec des projets d’exil n’est pas aisé sur ce territoire.

Aujourd’hui Z. est brisé. Il marche toute la journée entre la boutique de tapis, le café de ses potes.

Z. n’attend plus rien. Il boit du thé et la nuit de la bière quand il lui reste quelques sous en poche. L’hiver il pleut dans son taudis au fond de la banlieue et l’eau gèle au robinet. C’est le bonheur qui se lit sur son visage quand il arrive à capter des chansons étrangères sur sa radio antique.

J’ai été happée par ce morceau de vie  – à un moment de mon voyage. Van, la ville, le lac, une histoire. Nous avons partagé du temps, l’espace de la marche. Peu de mots, peu de confidence mais la connexion fut exceptionnelle. Une relation éphémère sans brûlure, un petit caillou dans le lac qui dessine un rond comme une vallée étrangère, hospitalière.

Cette pause dans mon errance depuis les différentes villes de l’Est de la Turquie, les hôtels plus ou moins sordides avec des gars qui cherchent à m’emmener ici ou là où vont les touristes m’a redonné espoir. Ce qui me fascine, c’est la traversée de villages où je « vois » que les hommes et les femmes continuent de vivre. Alors je garde le cap, tout en restant hors de ces réalités. Non les images n’ont que peu à voir avec la réalité, du moins c’est que je pense. Pourtant elles viennent de cette réalité. Je crois que les mots, lointains, perdus dans une grammaire inaccessible, restent insuffisants pour ce que je veux dire, écrire. Ce décalage fait partie de cette entreprise générale de déconnexion d’avec mes besoins réguliers, mon confort de petite parisienne.

Cependant ce soir c’est d’une chambre d’hôtel que j’écris. Sur mon portable, allongée dans le lit. Douchée, après plusieurs jours sans eau chaude.

« L’espoir et le futur ne résident pas pour moi dans les pelouses et les champs bien cultivés, ni dans les villes et les villages, mais dans les marais impénétrables et mouvants. » De la marche, H. D. Thoreau

Cependant le blanc de la mort n’est pas une expérience nouvelle pour moi. Leurs voix, le ton, l’amplitude des gestes, le silence des yeux, se ressemblaient à plusieurs kilomètres de distance. Fantômes et sorcières aux aguets, je connais. Le lac est une épreuve d’une beauté qu’on ne peut imaginer. J’avais oublié que cela exista.

Vibrations autres que sur le Bosphore. 4-5 jours n’étaient pas suffisants. Je n’ai pas le droit d’en parler.

Ils sont des centaines à errer là-bas, toute la journée, d’un point à un autre. Aucune image ne peut entrer dans le cadre … Ils habitent la mélancolie.

Je suis partie.

Album La Mort est blanche

Une musique pour pleurer encore … ‪Antony And The Johnsons – The Lake


Posted by iscia on novembre 8th, 2010 :: Filed under album,blanc,Iscia
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pacific express

le bateau est dévié, il lui reste 2 heures pour repartir
la mer est déjà haute
le puit gémit, sanglote, s’effondre

pourquoi ?
les verts désaturés
le four nettoyé
l’opaque des verres
ou les polarisants

confrontation
papier à la cuillère
paquets déséchés
vrille soudaine et couvre-toi


Ne te promène donc pas toute nue !

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Posted by iscia on juillet 26th, 2010 :: Filed under Iscia,légèreté,noir
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