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desordionie
des ors d'Ionie – desordre d'isle

nisens

la rosée du matin gardait froissées ses lèvres bleues,  la guitare au fond du jardin roulait des cordes rases, le rêve de cette nuit finissait blanc … elle manquait une marche et elle ne put entendre le rire de l’homme qui était trop lointain … elle ne pouvait deviner qu’il était question de la capture de la panthère de cette contrée divisée …


Posted by iscia on juillet 18th, 2010 :: Filed under blanc,bleu,Iscia
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Theâtr-East

– Mais de quoi parles-tu ?
– Bah, je parle, ou plutôt j’écris ici, pour pouvoir me relire. Quand je marche, mes pieds m’aident à me souvenir. Après, je ne me souviens plus. Quand je suis seule, j’aime bien écrire ou revenir sur mes photos, mes mots, ceux qui m’ont soutenue, ceux que j’ai abandonnés sur mes espaces contradictoires.
– Contradictoires ?
– … tu sais bien … je ne suis pas très stable, homogène, je fais et défais au rythme des saisons et de la musique confidentielle.
– … les gros nuages d’avril qui apportent avec eux la promesse d’une lumière sensationnelle. A propos, as-tu lu le manuel ? Ca pourrait t’aider …
– Est-ce tu as déjà vu une réponse aux erreurs dans un manuel ? Je n’ai jamais trouvé que des règles et des objectifs. Je ne peux m’y contraindre. C’est plus fort que moi … Et, puis est-ce que je cherche une réponse ?

On s’abrita sous l’auvent. L’air était devenu glacial. Une giboulée de grêle empêcha la délivrance.
– ??? Quelle sera ta prochaine erreur ?
– Une photo en trop, une photo en moins ? Je ne sais pas. Ce que je cherche ? Une provocation au hasard, un défi au temps, qui comme dirait l’autre n’existe pas. Je crois que je peux résumer cela comme ça : trouver la beauté dans le risque car l’écran est sale.
– Risquer ?
– En serais-je capable ? Seule ? Ce soir, par exemple, je n’ai pas été assez forte pour faire la photo. J’ai laissé passer, mais il me faudra y revenir. Toutes mes ressources m’attendent là-bas.
– Et tes amis ?
– J’espère qu’ils me seront fidèles ;). Je reviendrai. Huit mois de rupture.
– Et toi ?
– Bien sûr que oui ! Je pars, avec tout ce que je suis, la part de mon histoire passée et avenir. Peu importe ces considérations ennuyeuses ! Pas de limite, pas de tabou, pas d’obligation.

Elle dégringola les escaliers. Je la retrouvais en bas, le regard perdu. Le printemps était fragile.
– J’aime bien l’idée d’avoir des liens avec mon histoire, mes histoires. J’aime bien l’idée d’être contradictoire, imparfaite.
– Quel théâtre joues-tu ?
– Je doute. Je ne joue pas. J’ai commencé à me poser ces questions quand je me suis mise à mettre en scène certaines photos. Où est la vérité, l’émotion, le don ?
– C’est toi qui parle de « vérité » ?
– Non, ce n’est pas de vérité qu’il s’agit, mais de « liberté ». Saurais-je rester libre là-bas ?

Nous étions arrivés au métro.

Je partis vers l’Est, abandonnant mon interlocutrice. Je n’étais sûre que d’une chose. M’en remettre à mon instinct. Tout un programme entre découverte, blessure, abandon, fuite, erranchantement …


Posted by iscia on avril 4th, 2010 :: Filed under blanc,Iscia,noir
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mélodie légère

Ma parole, c’est de la bonne ! L’effet perdure. Je ne sais pas d’où ça vient exactement, mais je plane.
Les bleus et les ocres se diluent lentement dans l’obscure descente, malgré l’entêtement du citron à brûler.

Je connais un abri sur une concession particulière. Il reste un doute, mais il y a de grandes chances que l’homme sera seul, vaincu sur son territoire.  Ephémère, il aura vibré tout le jour et joui la nuit.
Certains disent qu’ils ont vu ses ailes s’enfoncer dans la terre à travers les cristaux de verre, ne laissant ici – en basse mer – que l’ombre de sa naissance.


Posted by iscia on mars 26th, 2010 :: Filed under blanc,bleu,Iscia,noir
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Et Paris ?

– Et Paris ? tu connais Paris ?
– Non. C’est comment ?
– J’y ai vécu 10 ans, mais je ne serais pas te dire. Je passais tout mon temps à fuir les sites touristiques et les touristes. Tu sais, je suis une étrangère partout où je passe. La plupart du temps – et dans les nombreux lieux que j’ai traversés , j’y ai connu la solitude.
– Mais, avais-tu du temps pour toi ?
– Oui, un peu. Du temps que l’on dérobe à quel malfrat. J’ai commencé à écrire et à faire des photos quand j’en ai eu fini avec la poussière de Paris, longtemps après mon arrivée à la capitale. Ce n’était que des papiers, des brouillons qui me servaient de pense-bêtes – très loin de mes rêves d’enfant. J’avais un appartement au fond d’une impasse. C’était une sorte de laboratoire où je m’amusais. Et où je m’y perdais. J’étais si seule que parfois je ne parlais à personne pendant des jours. Je crois bien que j’ai fini par perdre des mots de ma douce langue natale, et mon histoire s’est peu à peu effritée, je ne sais plus si tout cela n’est pas inventé …
– Tu ne sortais pas acheter des cigarettes, … et tes voisins ?
– Non. Ou si peu.
– …
– Parfois, je descendais à la cave, où je stockais de l’énergie sous forme de plaquettes. Quand l’exaltation fusait, je me posais et attendais. Je me concentrais alors sur quelques objets sans fin, pour inventer d’autres mots, tenter de renverser mes propres phrases, détourner quelques images … Tout cela était bien vain. Et obsolète, à vrai dire.
– Mais, qu’as-tu fait de tes amis ?
– Mes amis m’encourageaient, me soutenaient. Discrètement … Et, puis, je suis partie. Paris était devenue une prison …
– Mais, Paris … tu y retourneras ?


Posted by iscia on mars 14th, 2010 :: Filed under ether,Iscia,noir
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