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desordionie
des ors d'Ionie – desordre d'isle

une histoire vraie

 

 

Je m’interroge sur l’importance de la photo dans ma vie.

En fait, cette histoire avec la photo, ça a commencé en parallèle — non, en quinconce — avec les mots, il y a presque 10 ans maintenant. J’aime les images et j’aime les mots, je suis amoureuse des mots, des possibilités de sens, des ambiguïtés, j’aime aussi les utiliser à contre-sens ou avec non-sens … je me laisse souvent emportée par leur rythme dans une phrase, un chant, ils me prennent comme une caresse. La sensualité  et la puissance énigmatique des mots, des images, des images, des mots.

Suis-je poète ?

Rapidement j’ai écrit ces « lettres d’amour » à vif, mais l’important était de partager, même virtuellement (cf. touarance) … je m’adressais presque toujours à un ami, à un amant, réel ou perdu, ou pour survivre à un secret antérieur et profond. L’idée était de prendre/donner, garder/propager un instant, le fugitif, avant sa disparition/réverbération. Oui, le travail photo-texte-diffusion a pris beaucoup de place au fur et à mesure du temps qui passe et dans l’errance de la vie et sans doute j’ai cru aux possibilités de vivre cet cohésion/fusion art-vie parce que je crois aux rêves charnels des lendemains.

Hier, j’ai retrouvé cette photo qui habite ma mémoire, mon histoire, depuis toujours si je veux dire la vérité. Elle a été prise en 2008 aux confins du Jura, dans une maison qui n’était pas la mienne, mais celle de mon amant de l’époque. On pourrait dire qu’elle est mienne tant ses contours m’appartiennent. C’est une partie de ma maison, my home. J’y ai passé quelques nuits secrètement car jamais rien n’a été dit, était-il mon amant ? j’étais photographe des pierres ocres et des vallées sombres. Peu importe, la photo existe et la permanence de cette lumière au petit matin, la fraîcheur de la chambre que je percevais sous la couette, et même ce bonheur de prendre cette photo, ce cri, cette liberté, quand l’amant dormait d’un sommeil d’enfant, sont les seules choses importantes, n’est-ce pas ?

Mon amour des contrées lointaines me conduit souvent à plonger dans les livres. Hier soir j’ai ouvert le livre de Sophie Calle, Des histoires vraies. La dernière photo est intitulée « la vue de ma vie », elle est accompagnée d’un petit texte :

La vue de ma vie

La fenêtre de ma chambre donne sur une prairie. Dans cette prairie, des taureaux. Des piques-boeufs les accompagnent. Sur la gauche des branches d’un saule pleureur. Au loin une rangée de frêne et de tamaris. Des aigrettes, une cigogne parfois… Rien de remarquable, et pourtant ce pré rayonne. Je ne saurais compter les heures passées à le regarder à travers la moustiquaire. Ce pré, cadré par la fenêtre, est l’image que mon regard aura le plus photographiée. La vue de ma vie.

Je n’ai pas encore trouvé/retrouvé la vue de ma vie, mais récemment j’ai eu l’intuition que bientôt elle allait me rejoindre, comme une histoire vraie.

 

 

 

 

 

 


Posted by iscia on septembre 8th, 2013 :: Filed under bruit,chambre,couleur,humeur,Iscia,légèreté,sans attache
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fatigue

quand je fais ce genre de photo, je pense aux grands moments de solitude des peintures de Hopper et je me dis qu il y a quelque chose de fou dans mon histoire de tour du monde


Posted by iscia on septembre 8th, 2010 :: Filed under chambre,Iscia,noir
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pacific express

le bateau est dévié, il lui reste 2 heures pour repartir
la mer est déjà haute
le puit gémit, sanglote, s’effondre

pourquoi ?
les verts désaturés
le four nettoyé
l’opaque des verres
ou les polarisants

confrontation
papier à la cuillère
paquets déséchés
vrille soudaine et couvre-toi


Ne te promène donc pas toute nue !

.


Posted by iscia on juillet 26th, 2010 :: Filed under Iscia,légèreté,noir
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nisens

la rosée du matin gardait froissées ses lèvres bleues,  la guitare au fond du jardin roulait des cordes rases, le rêve de cette nuit finissait blanc … elle manquait une marche et elle ne put entendre le rire de l’homme qui était trop lointain … elle ne pouvait deviner qu’il était question de la capture de la panthère de cette contrée divisée …


Posted by iscia on juillet 18th, 2010 :: Filed under blanc,bleu,Iscia
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trace

Photo prise par Stéphane aka Habett


Posted by iscia on juin 27th, 2010 :: Filed under chambre,sans attache
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