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desordionie
des ors d'Ionie – desordre d'isle

appel

Je voyage en silence autour du jardin

– « Aurais-je un beau jardin ? demandait quelque fois Arnold à son jardinier.
– Certainement, Monsieur, répondait celui-ci, vous aurez des choses qu’on ne voit nulle part ; vous aurez des roses vertes, et des roses noires, et des roses bleues.
– Vraiment ! »
Voyage autour de mon jardin, Alphonse Karr

Et je relis mes pages, des pages, mon journal mémoire sur l’écran trouble du vent, les lieux où j’ai habité où j’ai laissé des traces, y compris dans le creux des emails éparpillés au cinq coins du monde…

Ce long voyage qui a commencé loin dans le temps de mon enfance se retourne sur lui-même : comprendre le départ, les départs, le désir de cette distance, de cette aventure, l’inconnu du désir …

Comprendre, non ! c’est absurde, ce sera toujours pour capter l’énergie de cette innocence, cette spontanéité, sur le terrain de mon histoire, de mes rencontres traversées, et voilà ! continuer loin, encore plus loin… malgré les vents contraires et l’ardeur du soleil qui brûle les yeux.

Dans ma nuit, si brève, hélas
Le vent a rendez-vous avec les feuilles.
Ma nuit si brève est remplie de l’angoisse dévastatrice
Ecoute ! Entends-tu le souffle des ténèbres ?
De ce bonheur, je me sens étranger.
Au désespoir je suis accoutumée.
Ecoute ! Entends-tu le souffle des ténèbres ?
Là, dans la nuit, quelque chose se passe
La lune est rouge et angoissée.
Et accrochée à ce toit
Qui risque de s’effondrer à tout moment,
Les nuages, comme une foule de pleureuses,
Attendent l’accouchement de la pluie,
Un instant, et puis rien.
Derrière cette fenêtre,
C’est la nuit qui tremble
Et c’est la terre qui s’arrête de tourner.
Derrière cette fenêtre, un inconnu s’inquiète pour moi et toi.
Toi, toute verdoyante,
Pose tes mains – ces souvenirs ardents –
Sur mes mains amoureuses
Et confie tes lèvres, repues de la chaleur de la vie,
Aux caresses de mes lèvres amoureuses
Le vent nous emportera !
Le vent nous emportera !

Forugh Farrokhzad

La lune est rouge et angoissée … C’est bien triste, un poème comme un premier dimanche d’automne.

 

Ici je reconnais la beauté mélancolique qui me conduit à travers les âges de l’initiation, de la découverte, de la joie, cette grandeur inaccessible des nuages multiples et à travers l’infini des couleurs je parcours d’autres images… les images des films d’Abbas Kierostami à la même époque par exemple, la musique d’Alela Diane, de Björk,

et encore Leonard Cohen, The Stranger Song

et les poèmes ivres d’amour et de folie d’Hafez, d’Omar Khayyâm qui chantent le bonheur du présent
Depuis le début de cette écriture, j’avais en vérité ce pendule en tête (photo ci-dessous d’une céramique prise dans un livre sur l’art perse en 2005), ce bleu et cette énigme du palmier, de l’horloge même, Je ne veux pas qu’on tue cette femme.

Après certaines virgules, parfois je sens que l’alcool s’est évaporé, je ne reconnais pas les mots que j’avais choisis patiemment sur le chemin, ceux qui m’avaient invitée, qui se sont dissous dans l’abime les marécages des temps incertains. Les mots demeurent cette énigme.

J’écris toujours à l’envers. Je me cache, je joue … toute seule, qui me comprendra ?

 

Qui étais-je alors ? Qui suis-je maintenant? Dans le jardin.

 

Ce n’est pas par nostalgie je retourne la terre des choses du passé. Je cherche aujourd’hui à expliquer ma démarche d’artiste, le pourquoi de mes questionnements, la réalité de mon errance. Je veux partager, mais cela suffit-il ? Quel est mon message ?

Absurde again.
Et réapparaît Zénon, non ! pas le Zénon d’Élée, de la flèche, d’Achille et de la tortue, mais celui de Marguerite Yourcenar dans l’Oeuvre au noir, il comblait mon désir de liberté … et cet Orlando de Virginia Woolf qui m’impliquait dans l’aventure fulgurante avec la terre, le ciel, les arbres, l’amour encore…

Dans les cartons, j’exhume une photo de moi à 19 ans, la seule qui me reste sans doute. J’ai déjà cet air sauvage, libre et en même temps sous un sourire à peine visible se révèle un personnage légèrement hautain. Je regarde avec émotion, interrogation, mes premières photos prise au Nikon, je relis d’anciens emails qui ont traversé le temps des différentes boites, je feuillette quelques pages de Touarance et d’attiRANce.

Ah oui, le sujet de ce papier était « Pourquoi l’Orient depuis les premiers temps ? »

Annemarie Schwarzenbach. Je me souviens de l’emprise des récits de voyage de cette femme écrivain suisse, photographe et voyageuse, qui a fui les conventions et le confort de son milieu à la recherche de l’Absolu, loin en Orient, Turquie, Iran, Pakistan, Afghanistan dès 1934 au prix de la solitude et de la désespérance.

 

« Un jour, il me faudra repartir et quitter cette île, poussée par mon impatience, en proie à l’errance, à cette force impérieuse et à ce penchant qui me jette vers des buts inconnus. »

 

Se jeter dans l’encre, la terre,
Ecrire le baiser
le Manque
l’Embrassade du présent
Tes doigts bleus qui habitent ma nuit.

 


 


Posted by iscia on septembre 30th, 2013 :: Filed under bleu,ether,Iscia
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Blindness (2)

Le petit matin après la fin la nuit à l’aéroport. La moquette sacrée et le froid de Shiraz dans le dos. Le manque de sommeil rend fabuleux les sensations sur la terre. J’étais ivre sans avoir bu. Tachycardie, léger tremblement des mains qui fait qu’on n’écrit pas correctement son nom sur le formulaire, coeur explosé, yeux exorbités. On ne voit rien de l’extérieur, tout est intérieur. Blanc désir de renoncement et d’acceptation.


Une ombre. Une ombre longue dans la nuit blanche. Des ombres, et pourtant je dormais. La nuque brisée. Les Shirazis aux yeux interminables m’ont jeté un sort.

La vanité en rappel. Silence de la radio. J’écoutais ma voix …


Posted by iscia on novembre 19th, 2010 :: Filed under blanc,chambre,humeur,Iscia
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white in black

Commentaires fermés sur white in black

vomi blanc au pays des mollahs (transit visa 7 days)

J-7 Tabriz 12 heures de sommeil, un tour de ville
J-6 Tabriz again for possibilities to have extension visa : failure

J-5, visite privée à Ghom

J-4, Ghom
petite escapade au pays des mollahs et des femmes en noir … où j’ai trouvé accueil chez les Tadjerrachti

j’ai marché sur les tapis de soie dessinés par le père de Simine et j’ai croqué les herbes (sabseh) du jardin avec un excellent riz qui m’a rappelé celui du 25 juin !
toute cette chaleur m’a rappelée la générosité de mes grands-parents disparus, cette sagesse et beauté qu’ont les gens arrivée à la fin de leur vie

mon séjour n’aurait pas été complet sans avoir foulé la terre sacrée des religieux : en allant chercher des sous (j’étais accompagnée par un homme de la maison), j’ai eu l’honneur d’être montrée du doigt par un mollah que je croisais : son injure m’a fait jubiler !

J-3 journée et nuit de bus Ghom – Shiraz : 3 heures de sommeil dans le bus (700 km, 8 euros)

J-2… et j’ai testé ce petit matin la moquette (+ 1 heure de sommeil, 3 euros de taxi, mais je me suis fait avoir) de la salle de prière de l’aéroport international de Shiraz (qu’est-ce que je faisais là ? je venais pour changer mon billet pour Oman) ; ce prétexte m’a permis de finir ma nuit hors d’un hotel … et de rencontrer un jeune illuminé – on est en terre de poètes, devins, grands mystiques, qui m’a parlé de la France et de la révolution, de l’Iran et de sa solitude – il est athé, et toute sa famille qui était venue accueillir les siens – est religieuse

J- 2 bis trouvé un hôtel 3 étoiles – c’est les vacances, tout est complet –  j’écoute de la musique et vous écris


Posted by iscia on novembre 16th, 2010 :: Filed under album,blanc,chambre,fantaisie,humeur
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back to Iran

juste quelques mots : les montagnes ici sont les mêmes que de l’autre côté – c’est ce que j’ai pu voir dans mon demi-sommeil hier soir … et puis, j’ai constaté que non : la lumière est différente : l’horizon est rempli de poussière, la lumière est grise

nouvelle étape : l’Iran (difficultés pour le visa, 7 jours seulement – demain je vais voir pour une prolongation)

j’erre d’hôtel en hôtel depuis quelques jours, au point de désirer dormir dans un bus et de rouler de nuit

– broken home … mais « où est la maison de mon ami ? »


Posted by iscia on novembre 12th, 2010 :: Filed under humeur,Iscia,noir
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fraises en tout

ce matin j’ai pensé aux fraises de Sanandaj : si délicieuses … petites et parfumées …
la photo date du 1er juin 2008, c’était donc il y a deux ans, j’étais au Kurdistan iranien … Eskal

I miss East’s heat


Posted by iscia on mai 16th, 2010 :: Filed under bleu,Iscia,légèreté
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who is it ?

elle est restée enfermée toute la journée dans sa chambre, une odeur acre la terrassait, le voile d’une angoisse plus forte qu’un album suranné, le souvenir que cela existait, elle connaissait cette vague

la carte était à peine lisible, le fond argenté commençait à se réduire en poudre, les doigts étaient maculés, faisaient couler des particules blanches de ses yeux noirs, elle s’assit sur le rebord de la fenêtre, et ne fit rien quand son foulard tomba

des ombres bougeaient à travers les arbres, bientôt la nuit la rassura

demain ne sera pas le bon jour non plus, elle avait épinglée sur le revers de son sac : « confiance en la spontanéité sacrée de la vie », immersion dans le mouvement éphémère ; sa fortune était fragmentée, brève, une étoile abandonnée

le film commençait, les images défilaient sans retenue, d’avant, d’après, et de tout cet intérieur …

Who is it ?

Pas d’autres solutions que de prendre le prochain avion.

Hotel Naderi, Tehran


Posted by iscia on mai 9th, 2010 :: Filed under chambre,Iscia,noir
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