intense, , " />

desordionie
des ors d'Ionie – desordre d'isle

une histoire vraie

 

 

Je m’interroge sur l’importance de la photo dans ma vie.

En fait, cette histoire avec la photo, ça a commencé en parallèle — non, en quinconce — avec les mots, il y a presque 10 ans maintenant. J’aime les images et j’aime les mots, je suis amoureuse des mots, des possibilités de sens, des ambiguïtés, j’aime aussi les utiliser à contre-sens ou avec non-sens … je me laisse souvent emportée par leur rythme dans une phrase, un chant, ils me prennent comme une caresse. La sensualité  et la puissance énigmatique des mots, des images, des images, des mots.

Suis-je poète ?

Rapidement j’ai écrit ces « lettres d’amour » à vif, mais l’important était de partager, même virtuellement (cf. touarance) … je m’adressais presque toujours à un ami, à un amant, réel ou perdu, ou pour survivre à un secret antérieur et profond. L’idée était de prendre/donner, garder/propager un instant, le fugitif, avant sa disparition/réverbération. Oui, le travail photo-texte-diffusion a pris beaucoup de place au fur et à mesure du temps qui passe et dans l’errance de la vie et sans doute j’ai cru aux possibilités de vivre cet cohésion/fusion art-vie parce que je crois aux rêves charnels des lendemains.

Hier, j’ai retrouvé cette photo qui habite ma mémoire, mon histoire, depuis toujours si je veux dire la vérité. Elle a été prise en 2008 aux confins du Jura, dans une maison qui n’était pas la mienne, mais celle de mon amant de l’époque. On pourrait dire qu’elle est mienne tant ses contours m’appartiennent. C’est une partie de ma maison, my home. J’y ai passé quelques nuits secrètement car jamais rien n’a été dit, était-il mon amant ? j’étais photographe des pierres ocres et des vallées sombres. Peu importe, la photo existe et la permanence de cette lumière au petit matin, la fraîcheur de la chambre que je percevais sous la couette, et même ce bonheur de prendre cette photo, ce cri, cette liberté, quand l’amant dormait d’un sommeil d’enfant, sont les seules choses importantes, n’est-ce pas ?

Mon amour des contrées lointaines me conduit souvent à plonger dans les livres. Hier soir j’ai ouvert le livre de Sophie Calle, Des histoires vraies. La dernière photo est intitulée « la vue de ma vie », elle est accompagnée d’un petit texte :

La vue de ma vie

La fenêtre de ma chambre donne sur une prairie. Dans cette prairie, des taureaux. Des piques-boeufs les accompagnent. Sur la gauche des branches d’un saule pleureur. Au loin une rangée de frêne et de tamaris. Des aigrettes, une cigogne parfois… Rien de remarquable, et pourtant ce pré rayonne. Je ne saurais compter les heures passées à le regarder à travers la moustiquaire. Ce pré, cadré par la fenêtre, est l’image que mon regard aura le plus photographiée. La vue de ma vie.

Je n’ai pas encore trouvé/retrouvé la vue de ma vie, mais récemment j’ai eu l’intuition que bientôt elle allait me rejoindre, comme une histoire vraie.

 

 

 

 

 

 


Posted by iscia on septembre 8th, 2013 :: Filed under bruit,chambre,couleur,humeur,Iscia,légèreté,sans attache
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operadu20

une photo du Mékong again au crépuscule … mais personnellement je préfère …

le bleu de cette musique, le frisson du crépuscule, la solitude …

opéra en boucle toute la journée du 20 dans la chambre blanche au grand lit … à 3 minutes du Pont sur le Mékong, … loin …


Posted by iscia on février 20th, 2011 :: Filed under Iscia
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promised me poem

Et bien, voilà. J’ai craqué. J’ai quitté le gris de la tornade. Les autres sont tombés dans le Mékong avec leur appareil photo. Ils auraient dû s’en douter. Des dizaines  de curieux alignés sur le parvis de la Province de Vientiane à vouloir coucher le soleil, c’était trop facile. L’opium les a piqué et leur royaume s’est échu tel un éphémère. Seuls les enfants se sont sauvés à temps avec leur panier d’osier et leurs chiffons mordorés.
Je suis partie au moment où le sol est devenu nénuphar et le ciel interdit. Les engins arrivaient à cet instant-là. Je les entendais. Sourds et muets. Des masses puissantes toute alarme intérieure. Mais, je n’avais pas peur. J’avais perdu cet instinct de sauvegarde. Je me sentais en sécurité sur les paupières de la lune.
Un mouvement de particules continuait de buriner la terre et les hommes libres disparaissaient un à un dans la poussière. Leur souffle ne remplissait pas le vide et la béance confondait l’avenir.
Je savais que le gris des soirs d’avant marquait l’absence de l’aimé. J’avais beau faire tourner les ocres de ma lentille, le blanc n’était plus blanc dans la balance. Je voulais croire que cela n’avait pas d’importance. Je suivais le terrain vague, instable qui s’effritait sous mes pas. Plus j’avançais, plus je voyais mes traces se quadriller. Je ne voulais pas comprendre, bien sûr. Je niais l’évidence de ce dessin absurde et la folie hors de cette tornade. C’était peut-être pire, j’avais oublié la réalité de cet exotique non-direction.
Heureusement autour de moi les enfants persistaient à rouler dans la farine certaines tours d’échecs et marchandaient à bons prix les appareils photos ramassés au fond de l’eau. Je n’aimais pas les enfants, mais je trouvais leur cris rassurants.

Je l’aimais comme au dernier jour, sombre dans sa parure d’étain. Grand, majestueux, solide dans la décadence de la première ligne. Le soir révélait le jade de ses dents impures. J’étais face à son ombre rouge qu’il faisait parvenir depuis le temps d’autrefois. Sa mécanique m’était familière désormais. J’aurais pu le décevoir encore une fois. Et puis, soudain, une poignée de mains a roulé. Je me suis retournée. J’avais rêvé qu’il m’avait tué. L’engin s’ébroua avec fracas nocturne. Au risque de chuter, de casser les pièces de son squelette, je le voyais hurler un chant marin sans condition. J’étais morte de plage souterraine. Il manquait une trompe dans l’argenterie de mon cauchemar. You promised me poems.

Une fois, je me relevais. Je voyais l’engin s’éloigner dans la poudre du fard. Il restait une couronne d’encre sur la place de la foire. Elle était accrochée à la pipe du bas-relief. J’étais rassurée. Je le croyais Sauveur, suspendu au camion de poubelle qui arrivait. Impeccable dans son habit de soie au masque de plâtre. Il filait droit sur l’hôtel, évitant à peine les gosses de minuit.

Alors, l’image de la rencontre est revenue sur l’écran. L’innocence se partageait au pied du second couloir, sur le terrain vague de mon voyage.

Album


Posted by iscia on février 17th, 2011 :: Filed under album,dirty,ether,Iscia,vert
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instances du dimanche

Au pays du Laos autour du Mékong, les levers de soleil sur la rivière font le bonheur des photographes. Moi-même, je ne peux éviter de sortir mon appareil pour capter quelque chose de cet instant – mais je préfère les couchers qui semblent plus noirs). OK. Mais, tous les jours ne sont pas aussi légers au pays du Laos.

Tout est relatif, il est vrai. C’est que des fois j’ai l’impression de me faire avoir et d’engraisser des gens qui croient qu’on peut rouler innocemment les touristes. C’est le cas par exemple de la nourriture achetée dans la rue qui coute trois fois plus chère, voir cinq fois, quand on est étranger à la face blanche. Mais il y a remède, c’est question d’habitude. Quand on connait le vrai prix d’une soupe avec et sans viande, d’une bouteille d’eau minérale et une « drinking water », d’un Lao Tea, d’une grappe de bananes, on peut s’en sortir. Il suffit d’attendre en faisant les gros yeux que les prix baissent ! Les restaurants, ceux avec des prix en chiffres arabes et des titres en anglais, sont très chers. Et s’il sont dotés de l’étiquette Eco-tourisme, c’est hors de prix (8 $ une soupe de poulet). Entre parenthèse, j’ai du mal à trouver des produits laitiers, à part la « Vache qui rit » remisée … quelques yaourts … mais sucrés.  Ca me manque. Inutile de m’en envoyer par la poste. Je viens d’apprendre que mon dernier colis envoyé de Paris il y a un mois vient d’arriver à Phnom Penh !

Le pire dans tout cela, ce sont les transports en bus et les intermédiaires qui vendent les tickets. Quelle escroquerie, une véritable petite entreprise à gros profits. Entre ceux qui vous disent que le chauffeur est mort le matin et que le bus ne partira pas, qu’il faut dormir une nuit de plus dans la ville ; les autres qui vous assurent que tout est compris, bus, traversée de la frontière à pieds, transfert en bus jusqu’à la rivière et bateau et, au final, il manque le transfert jusqu’à l’eau et on perd 1 heure à attendre en pleine forêt entre au poste douanier, dans un trajet qui fait déjà 7 heures ; et puis, pour couronner le tout, il existe des chauffeurs de bus qui font un détour à midi pour s’arrêter dans un bouiboui excentré pour regarder le tournoi de boxe à la télé … pendant 2 heures et qui après prennent encore une heure pour faire le tour de la ville pour compléter le bus à moitié vide un dimanche …  pour un trajet initial de 7 heures.

Je viens d’arriver à Savannakhet. La Guest House que j’avais réservée le matin m’annonce que les Vietnamiens ne sont pas partis finalement ??? et m’envoie plus loin … du Mékong.
Oui, on est le 13. Mais, ce n’est pas ça : on est dimanche et un dimanche au Laos, ce n’est pas un jour comme un autre.

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Après une nuit réparatrice avec disparition des coqs remplacés par une pluie torrentielle au petit matin, je me suis levée, comme un lundi. Tour en direction du Mékong, puis demi-tour : fleuve sordide sous les flaques d’eau et la Thaïlande en face sans paillettes. Direction le marché : j’ai enfin acheté un pantalon de rechange. J’ai pris de quoi manger aussi. J’ai l’impression que j’ai besoin de faire attention un peu plus à moi. Qui le fera sinon ? Il y a du laisser-aller.

J’attends mon bus de nuit, Bus VIP pour Vientiane, la capitale. J’attends dans ma chambre ordinaire pour VIP (?) en proche banlieue. Je devrais à cette heure quitter les lieux, check-out, mais je n’ai pas envie. Je me demande si je ne vais pas finir la bouteille de W. Il y en a si peu ! Avec les quelques branches de litchis … J’écoute de la musique et plane sans fan.
Il fait drôlement frais. Est-ce cette fraicheur hivernale qui m’incite au repliement sous ma couette-duvet ? Envie de partager avec vous ces moments-là aussi. Bien sûr, je pense à Paris, mon appartement, ma couette, mon chat (que devient-il ?), mes amis si lointains. Et, même, à 10 000 km, dans cet espace d’errements solitaire, je suis bien. Toujours aussi chanceuse. Sur les routes, toujours vers l’Est. Il me reste presque deux mois encore à l’Est.

Que vais-je faire maintenant ? Je bouge vers le Nord Laos, Nord Vietnam. Je cherche une idée pour partir …
Je vois flotter le drapeau communiste, je vois ces vieilles femmes à l’air hargneux prendre le virage du tourisme à 180°. Certains détails sont récurrents d’un pays à l’autre. Certains même me rappellent le Moyen-Orient qui n’existaient pas au Cambodge : les oiseaux dans des cages à l’entrée des magasins, les assiettes d’herbes fraiches avec le riz ou la soupe, les jeunes qui se recoiffent dans les rétroviseurs, les femmes élégantes avec des chemisiers à volants et des jupes-sarong très seyants, des maisons non terminées au milieu des rizières ou dans les quartiers périphériques. Le riz gluant se mange avec les mains, comme en Inde. Sinon, le reste à la baguette de bambou.

Je croise pas mal de français, dans le coin. Les peu de mots que j’arrive à sortir me renvoient à mon angoisse primitive, mes mots écorchés et autres lapsus me révèlent malgré moi. Je n’ai pas changé, je désire toujours me cacher, comme le crabe sous une pierre. Les autres n’ont pas changé non plus. Même avec quelques affinités de voyageur en partance. Je cherche une idée pour aimer …

J’attends la nuit pour sortir. Juste avant la nuit. J’ai négocié avec le type qui est monté pour le check-out. Prolongation de la couette jusqu’à 16h 🙂 pour un plat de nouilles au resto !
Je ne cherche pas. Je ne cherche plus, depuis ce moment-là, à Damas. Je m’en souviens très bien maintenant en regardant la photo. J’ai tout vidé de mon désir. Abandon total. Oui, cela peut être simple. Mais en même temps, c’est compliqué et pas tout à fait résolu : cette envie de partir, d’aimer, de résister … Le Désir est géant, d’autant plus dans les cas où chaque seconde est perdue, comme aujourd’hui ; jouissif, quand chaque dollars du cadeau est gaspillé, comme l’extra de 4 heures supplémentaires sous la couette ; quand l’odeur du W. m’enlève …

Album Instances


Posted by iscia on février 14th, 2011 :: Filed under album,chambre,vert
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details

Je suis de nouveau à PP – Phnom Penh, après donc un « détour » par Ankgor, une croisière sur un bras du Mékong, une station à Battambang. 5 heures de route Batta-PP presque aussi chaotiques que l’Inde, presque aussi dangereux, mais on se sent plus en sécurité, je ne sais pourquoi. La conduite et les chassé-croisés sont plus fluides.
J’ai beaucoup aimé cette dernière traversée à travers les rizières, les champs de pâturages, les villes de motos. Seule blanche à bord. J’en ai profité pour surveiller le chauffeur. Calme, flegmatique. Il a bien joué deux fois, où l’on a risqué le carambolage avec une Mercédès et un camion, sû anticiper sur les hésitations des buffles – il n’a pas fait attention aux poules et leurs poussins. J’étais aux premières loges. J’ai pu tout voir et j’ai écris. J’ai pris beaucoup de notes, j’espère pouvoir me relire… un jour. Aux arrêts, je n’ai pas pris de photos. Dommage. Mais j’ai tout vu. Et j’ai croisé des regards. Etonnement et sympathie. Des fois, je n’arrive pas à décrypter. Visages impassibles. Ou faces de gangsters. Mais les gangs ne voyagent pas en bus, ouf. Juste ils attendent sur les routes.

Je ne sais plus si je l’ai écrit ici. Je pense qu’il faudrait le talent d’un écrivain pour écrire tous les détails que l’on voit dans une journée comme celle-ci. Depuis le matin où je me suis réveillée au son des bouddhistes, à la brume sur la rivière, et les visages qui s’éveillent sur le marché. Et puis, ce transport. Tous ces ressentis, ces émotions, cet abandon sur la ligne d’asphalte, qui me permet de poser quelques mots ici. C’est très loin de ce que je vis. Et ce désir qui me prend de vous remercier encore. Je ne sais pas si je suis lu ni si mes cartes postales arrivent à destination et parfois je vous déteste pour cela, très chers amis ! Mais, peu importe. Je continue ma route.

Au passage, voici ma chambre à Battambang ce matin, une demi-heure avant mon départ. Total abandon, que c’est bon. Je me délecte 🙂 Je suis forte maintenant dans l’exercice du sac à faire en 20 minutes. Je me fais quelques frayeurs de temps en temps, quand une chose manque à l’inventaire. Bref moment d’inattention qui a fait que j’ai posé/rangé cette chose à un autre endroit. Et dans ce cas, je me maudis. J’ai quand même perdu ma casquette entre les montagnes du Liban et Alep en Syrie, impossible de me souvenir où. Et laissé mon caillou de Loire dans une chambre à Pondichéry.

Puisque j’en suis là, dans les détails, je continue. Je vous confie la question de la journée. Je suis partie maintenant depuis presque 5 mois. La France ne me manque pas. D’autres chose me manquent mais pas le retour. Donc, le Moyen-Orient, l’Inde, l’Asie du Sud-Est et bientôt Japon. Je me demande donc si au lieu de courir prendre mon avion à Hanoi dans trois semaines, je ne devrais pas annuler mon voyage en Patagonie, site qui me presse à cause de l’hiver qui arrive début mars.  Mais, ne vais-je pas regretter ce vol vers l’extrême ? Je compte bien passer à l’Ouest. Tiens, autre question : à partir de quel moment je suis à l’Est ou à l’Ouest ? ça dépend de mon point de référence, me direz-vous. Donc, si je prends la France. Comme je continue toujours dans la même direction, l’Est, quand je serai à Buenos Aires, je serai toujours à l’Est, n’est-ce pas ?

Bref, je viens d’arriver dans ma nouvelle chambre à PP – c’est ce que je voulais vous parler au départ. Dans le bus, comme j’étais tranquille et sereine, j’ai fait le décompte des chambres que j’ai « visitées ». 39 chambres d’hôtels ou de particuliers. C’est donc ma 40ième chambre ce soir. Je ne l’ai pas fait exprès !
Deux autres détails qui s’ajoute à l’exotisme du voyage. 1) Pas de téléphone dans les chambres au Cambodge. Quelque fois, le wifi fonctionne, mais les deux dernières fois, les murs et la hauteurs des immeubles font que le wifi ne passe pas. 2) On ne vous demande jamais le passeport, ni même votre nom. Ce soir, on me l’a demandé. En le reprenant, la moitié d’une lame à raser en est tombée. Je ne transporte pas ce genre d’outil avec moi. Si vous avez des renseignements sur ce genre de pratique, je suis preneuse. L’avant dernière fois que je l’ai donné, c’est pour établir mon visa pour le Laos.

De toute manière, demain je change. Je vais dans celle que je pensais avoir réservée pour ce soir, mais un « truc » dans ma manip. internet hier n’a pas fonctionné. Promis, je vous fais une photo demain.

Encore quelques jours ici. J’attends le retour de France de mes clés USB après sauvegarde en lieu sûr de mes 30 Go de photos…


Posted by iscia on janvier 20th, 2011 :: Filed under chambre,Iscia
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ocean ou mer?

Merci Stéphane pour ta musique (samples envoyés de Pondi matin et soir 😉

J’écris plus long plus tard …


Posted by iscia on janvier 7th, 2011 :: Filed under Iscia,rouge
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bruit


Image de ce soir en venant dans ce cybercafe…
16/12/10: mise a jour de l image et: j ai trouve une chambre calme, claire avec 4 fenetre et une table pour travailler… le bonheur!

Madras – jour 1

Je suis arrivée ce matin par le train de nuit Mysore-Madras. 11 heures dans la promiscuité, chaleur et les odeurs des WC ouverts à tout vent. Je peux dire que c’est une expérience. Mais le plus dense fut, non pas ces détails, mais d’écouter dans ce maudis train ce morceau de The Herbaliser « Stranded on Earth », alors que je cherchais le sommeil. On a toujours envie que quelqu’un vous attende sur le quai de la gare. Manque. Et pourtant, se sentir vivante au milieu du chaos. Fantastique !

J’ai pris une chambre à 5 euros, aux murs carrelés avec salle de bain. Guesthouse extrêmement bruyante. Couloirs partagés avec les indiens. Les indiens et les corbeaux aiment se faire entendre. Beaucoup de bruit. Plus une mosquée dans le coin. J’ai vue sur une cour intérieure, celle de la Lodge d’à côté. Pleins d’étrangers là.

Je ne suis pas tellement sortie aujourd’hui. Mangé avec un français qui est venu prendre des cours de yoga. Je ne sors pas ce soir. C’est la fin de la mousson. Le temps est gris. Pas trop de moustiques. J’attends que quelque chose se passe. Et en même temps, je sais que ce n’est pas correct de dire cela pour moi. Je suis là à Madras, j’ai bougé jusqu’ici, et j’ai vu beaucoup de choses depuis mon arrivée en Inde . Quelque chose va vibrer …

Tiens, demain je vais au concert !

NB: j ai mis quelques photos sur flickr/voyaloup en attendant que je mette en ligne mes petites series sur Touarance … patience  on est en Inde …


Posted by iscia on décembre 14th, 2010 :: Filed under bruit,chambre,couleur,humeur,Iscia,rouge
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nights & vanity

Towards no way …

Sometimes things really appear futile, vain, empty …

People lost their own stories and make anothers with some « if ».

The earth please, yes I feel its music.

I lost here this time my way to the East. And a lot of blood and my memory. My hair in the sand. My eyes in white ones. Like a toy in the desert. A smiling friend I can’t take with me.
My words are too dark deep dirty. Nobody can read me…

Brian Eno : Earth floor

Letter from Salalah, in the end of November


Posted by iscia on novembre 30th, 2010 :: Filed under blanc,fantaisie
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vert et bleu

Photo redécoupée

Il y a de grands blancs dans le voyage. Aujourd’hui n’est pas le vide. Le vide que j’ai éprouvé à Damas. Le brûlot de l’arrivée dans cette ville de Syrie où personne ne m’attendait. Sauf le dernier jour, un jeune artisan de la soie qui m’a émue par sa bonté naturelle. Un rêveur aux grandes ambitions. Un jeune musulman à la foi immense et déchirante. La beauté d’une rencontre essentielle.

Aujourd’hui, je ressens la petite crainte de l’entre-deux de l’attente, cet espace tragique, grave qui fait basculer. Blanc translucide et éphémère, désorientée. C’est l’écran de buée sur les vitres. Il fait froid à Kars où je suis en attendant la réponse pour mon visa pour l’Iran, quinze jours maxi. Kars. Poste avant la frontière avec l’Arménie. Frontière fermée pour cause de représailles. Ca va pas très bien entre les Turcs et les Arméniens (ie les russes d’après certains).
Encore un mur. A wall again.
Je me suis acheté un gilet vert pour me protéger. Et un parapluie pour l’heure de sortie. Les hommes sont rentrés et jouent aux cartes autour du réchaud. Ma place est à l’intérieur. Je retourne à l’hôtel. Jour de lessive. Je m’essaie à quelques mots.

Depuis la beauté et le chaos de Beyrouth, je ne me suis guère arrêtée. Ne restent que ces quelques traces du temps long de mon errance, des traces en fait d’un temps court, celui où je m’arrête avec Sulka.

Je file. Nord, puis Nord-Est. Les routes sont immenses, le temps est bref. Les détails reprennent leur existence. Le nombre de morceaux de sucre dans la soucoupe pour le thé. Les hommes qui s’embrassent. Les hommes qui t’accueillent. Les luminaires dans les chambres d’hôtels plus ou moins minables. La couleur du tabac et/ou de l’herbe qu’on roule ici ou là. La propreté ou plutôt la saleté des bas-côtés et des champs à proximité de la route (en Syrie par exemple, la densité des plastiques dans les champs est importante). La musique des portables dans les bus et minibus (je n’en ai plus, pas besoin)… Le dessin des projections de cailloux sur les pare-brises. Les immeubles dévastés au Liban, abandonnés au Kurdistan, les immeubles en chantier partout. Les routes qu’on refait, les routes que l’on élargit … toujours plus de monde à naître, à grandir,  travailler … qui risquent leur chance … Je regarde défiler les maisons dans la nuit. Ici on regarde la télévision. Là on récite sa leçon avant d’aller se coucher. Je ne me sens pas concernée. Bonheur d’être en dehors de tout cela. Je me sens en vie, oui. Plus que jamais. Plongée dans une sphère qu’on peut qualifier d’éthérée, oui. Je suis ailleurs. Droguée. Ivre. Somnambule. Saltimbanque en devenir.

Demain, je continue ma route. Malgré l’insatisfaction de mon art. Je pose des mots ici et reconstitue mes impressions au fur et à mesure des heures. Les carnets sont vides d’écriture. L’effort est trop grand. Je constitue mon histoire par l’oubli. Mon univers se restreint. Musique et silence. Je sors mon Sulka (qui tient la route 🙂 et les photos qui viennent dessinent peu à peu mon espace. Mais, quelle impatience. Je me suis surprise pour le visa. Incapable d’attendre 20 minutes dehors, 3/4 d’heure sans voir personne et 2 heures pour un télex. C’est le mur de l’administration, des contrats, de la manipulation. Je suis la seule femme, peut-être la seule étrangère ce soir, dans cet hôtel. C’est ma revanche. Ne pas être là où l’on m’attend. Je regarde les hommes – les kurdes ont de très beaux yeux clairs – droit dans les yeux. Et, ils me le rendent bien.

Un autre feu m’étrangle, le désir de ma terre. Je suis toujours là. J’erre, je liquide mon temps. Dans ce voyage. Je redécoupe les photos d’aujourd’hui. La peur est toujours là, la véritable peur d’être toujours la même. La nuit, je marche sur les braises des routes impossibles. Le sommeil me manque, j’atteins mes limites physiques. Dans cet état second, je sens le vertige de mon coeur et mes pieds vaciller. La poussière, la cendre, la glaise, la graisse des mains, maculent le bleu du tapis. Je souris …

Mais, peu à peu, je m’habitue au silence et au 28 mm.


Posted by iscia on octobre 30th, 2010 :: Filed under blanc,chambre,Iscia
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it’s big!

Journée de dimanche à la montagne

Le champ en bas de ma chambre était encore en friche quand je suis rentrée à 7 heures ce matin de mon escapade du Mont Memrut (lire Voyaloup ;). Ce dimanche soir, il est labouré et ensemencé (du blé d’hiver je suppose). Le vieil homme n’était pas seul, deux enfants recueillaient les pierres pour les mettre de côté et mettait de côté les mauvaises herbes. J’ai profité de cette journée ensoleillée pour faire ma lessive. Elle fut embaumée par les cendres de la brousaille qu’ils ont brûlé.

Puis je me suis balladée après la sieste (je ne dis pas digestive car je n’ai pas mangé à midi !). Au détour d’un virage, un cimetière ouvert avec 5-6 tombes …

Cimetière ouvert au détour d'un virage

Reprise du billet après le repas en tête à tête avec le gardien de l’auberge, un kurde qui travaille ici l’été et roule l’hiver (conducteur de minibus) ! Viande au pigment rouge kurde of course et riz.

On est au bout de la route à 2000 m d’altitude et internet fonctionne ! Je suis seule maintenant, l’homme vient de me prévenir qu’il descend au café du village.
J’ai l’impression que le temps m’échappe. Le présent ici et maintenant implique no distance.

Yes, I need more time. How do I find it ? I’m always on holidays. Free time and in parallel time where I’m.  I take notes in papers but I think my papers will be lost one day or another.  I’m not very serious in fact, I even forget sometimes to take pictures. I’m so captivate by million of things, dreams (it’s not dreams because I’m awake) – all in the same time : present, past are crushed. It’s nice I don’t think about future. It makes me peaceful (except one thing I though today : I need a visa to Iran and to get iranian visa it’s a bit complicate : I have to wait in Erzurum 15 days! I hope less….)

Départ demain matin at 9 to Dyarbakir. I have to make again my backpacker. One more time. I just lost my cap somewhere I don’t know where. It was a turkish one bought in Yazd, Iran …
Ce qui me fait rire aussi est qu’à chauqe fois I’m late for the departure. This time one only bus to leave here. So I’ll wake up two hours before at least. I admit it’s always difficult to leave a good place where I could elapse the rest of my life. But something is deeper, and I always go away. Now and then…

In fact the roads have always fascinated me.

Les transitions ne sont pas faciles mais fascinantes. Les images lors de ces traversées s’enroulent, s’accrochent, s’éclatent. Je reste spectateur. Parfois j’en oublie les réglages. Le soleil dans les montagnes est un briseur puissant. In fact all the day I was on the moon. Full moon. Under the both. Le soleil et la lune. I don’t know how to put any words for you. Yes, now I know I speak french & english in the same time. I think I’ve forget the rules.

It’s photos Day (after so many photos Night). Of course I’m awake since 5 for the sunrise. And now I’m tired.

I hope the collusion of French & English words will operate during the night – the Sunday night – an alchemist reaction. And your words will come to me 😉


Posted by iscia on octobre 24th, 2010 :: Filed under blanc,ether,Iscia
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