Galice, , " />

desordionie
des ors d'Ionie – desordre d'isle

lettre ouverte à Ana

Chère Ana,

j’ai fini toutes les fraises, vous êtes partis vraiment trop vite, j’ai aimé vous revoir dans la fraicheur du mois de mai …

Je profite de ce moment d’ivresse pour t’écrire sur ce blog. Pourquoi ici plutôt que par mail ? C’est ce que je tentais de t’expliquer.
J’ai la prétention de croire qu’ici est un espace à part. Ce n’est pas totalement à cause de cette image qu’on se fait de l’Internet « fenêtre ouverte sur le monde ». Pour moi, le blog, le site web, est un outil. Un outil d’expression, au même niveau que la photo. Et un outil de partage avec ses amis les plus proches. Quand j’écris, je me protège aussi. J’écris des « histoires », des fables qui n’ont rien à voir avec « ma vie » ou si peu. C’est cette métaphore de la « tangente » que j’évoquais ce soir. Ce qui est intéressant, c’est ce point indescriptible, insaisissable et pourtant fabuleux. J’ai la prétention de croire qu’à partir de ce point tout peut arriver, l’impossible et le possible. Mais, souvent, ce point est très douloureux, les tensions sont trop fortes – dans le moment vécu.
Alors, j’écris, je fabule, j’invente, je manigance. Je provoque, car il est devenu inutile, périmé de souffrir Bien évidemment on continue de souffrir … Je pourrais prendre note et laisser passer le temps. Puis, y revenir après. Mais, cela est trop différent de l’émotion initiale. Alors, j’écris, je m’engage … au risque que mes mots soient injustes ou incomplets …

Techniquement Internet est un média à part entière. Certes, il permet d’écrire et de publier facilement des textes, de partager des images, mais aussi d’enrichir son « cosmos » par tous ses hyperliens et interactions. Je ne peux faire tout cela dans la vie réelle. Sans doute suis-je une handicapée à ce niveau-là. Je ne peux réagir, plaisanter, prendre de la distance, dans le temps vécu. Ce que je vis est à fleur de peau et me coûte beaucoup d’énergie. Alors, je choisis d’écrire dans un temps différé où je peux enfin respirer.

Je m’excuse, je n’ai pas la force d’écrire plus ce soir, mais voici enfin ce que je voulais ajouter :

Si j’écris, ici sur Desordionie, ou là sur Touarance, si je m’expose un peu, c’est un peu comme dans le métro lorsque je demande « je peux vous photographier ? » ou quand je dis « je t’aime » même sans les mots. C’est à cause du temps qui passe, qui ronge la mémoire et diminue la vie au-devant. Le temps et les mots  trompent les correspondances alors autant en profiter, en abuser ! De mon côté, mon entreprise est de tenter de démultiplier les surfaces de contact, les points de confluence et de divergence, d’étirer les peaux pour qu’elles puissent chanter autrement… Tu vois très bien ce que je veux dire : les fractales !

Tu viens d’un pays où j’ai jamais mis les pieds, sauf peut-être quelques jours avec mes parents lorsque j’étais petite, mais du côté de la frontière. Nous avons regardé la carte ce soir, juste avant que vous ne partiez, et tu m’as parlé de la côte sauvage de la Galice où tu vas te baigner. Je me suis demandé, mais quand irais-je de ce côté là du monde ? Tout près …

Je choisis toujours (pour le moment) d’aller plus loin que mes propres frontières / limites. Je ne sais pas où exactement, mais cela risque d’être loin. Bien sûr, je serais ravie de partager un coin avec toi, même tangentiel, en Syrie ou au Liban. Je crois que tu comprends mon « métier » de vagabond(e). Je crois que ce qui est fabuleux c’est ta « recherche ». Bien sûr, tu pourras m’appeler ou m’écrire. Je serais heureuse de parler, partager avec toi. Même si nous ne nous connaissons pas ou si peu. Nous sommes sur une jonction précaire  et il faut que nous le restions !

Quelle photo publierai-je ce soir – cette nuit avec cette lettre ? Une photo d’une maison sur les bords de Loire. Tu verras, un jour je t’y emmènerai !

Quand tu rentreras chez toi, envoie-moi ici la photo de ton bureau, de ta chambre à Madrid. Même de ton portable, peu importe. Et qui sait ce que cette fenêtre ouvrira ….

Amitiés,

F.Iscia

Maison du Véron, Touraine.


Posted by iscia on mai 14th, 2010 :: Filed under bleu,Iscia
Tags :: , ,

courbes tangentielles

Une tangente est un contact qu’on ne peut ni concevoir, ni formuler
Plotin dans Nicolas Bouvier, L’Usage du monde

j’étais chez moi, sur mes terres, sur les rives imprévues de la Loire ; je suis rentrée à Paris, le temps d’en finir ici et de partir …

qu’est-ce qui m’émeut dans ces lignes, courbes, dans cette apparente tranquillité, ces ombres où la beauté se cache, et la fragilité immédiate de la lumière ?
sans doute quelque chose d’archaïque autour de l’eau et de mystérieux, sombre comme la peine d’un enfant …

NB : deux galeries, Pouilly et le Véron
NB2 : les photos faites ces derniers week-end avec le Leica n’ont vraiment rien à voir avec les autres … j’en suis très heureuse, vrai !


Posted by iscia on avril 26th, 2010 :: Filed under album,bleu,Iscia,noir
Tags ::

boucle violine

Ecrire de la poésie n’était-ce pas une transaction secrète, une voix répondant à une autre voix. […] Quoi de plus secret, songea-t-elle, de plus lent, de plus semblable au commerce des amoureux que la réponse bégayante qu’elle avait faite toutes ces années à la vieille mélopée des bois, aux fermes et aux chevaux bruns qui, col contre col, sont arrêtés devant la grille, au forgeron, à la cuisine, aux champs qui, si laborieusement, portent l’orge, les raves, l’herbe, et au jardin enfin qui fait s’épanouir iris et fritillaires ?

Orlando, Virginia Woolf

Comme il doit être étrange de quitter la boucle


Posted by iscia on avril 24th, 2010 :: Filed under bleu,Iscia
Tags :: , ,

autre couleur

bref retour au pays … et la Loire est ici plus sauvage on dirait, les couleurs du petit matin sont plus « dures », ici dans le Véron qu’à Pouilly … à moins que ce ne soit la différence du printemps opérée depuis une semaine … la lumière et la puissance du vert concentrent les forces au point où manque l’abandon …
Je ferai une galerie de toutes ces belles images …

… en attendant …

ce n’est pas les mêmes 😉

je n’ai pas pu les faire poser très longtemps, le taureau très affectueux était plutôt impatient …


Posted by iscia on avril 24th, 2010 :: Filed under fantaisie,Iscia,légèreté
Tags :: ,

fous de couleurs

pour les 22-24 mai apportez vos pots de peinture, j’ai trouvé une roulotte à la campagne où déverser notre folie …

On pourrait lui redonner un coup de peinture et aller festoyer ensuite … Bon, d’accord je ne connais pas le propriétaire de ce champs ni de cette roulotte inoccupée… je suis très attirée par les interdits …

Comme ce sont des choses que l’on fait qu’une fois, j’ai besoin d’un cameraman … Pourquoi ? Parce que si je trouve un tracteur, on pourrait faire un truc fou comme un remake du clip de Depeche Mode, Freelove

Je vous l’avais dit, je suis une grande rêveuse … qui traverse les fleuves à différentes saisons


Posted by iscia on avril 22nd, 2010 :: Filed under bruit,fantaisie,Iscia
Tags ::

poudre d’entrain

je ne sais plus, je sais

c’était ce matin au lever du soleil, une poudre cobalt et des yeux encharmés faisaient briller les parcelles de sable et les atomes du fleuve ; ces bagatelles coulaient tranquillement sur le plateau argenté de la Loire …

NB : possible définition de Encharmement


Posted by iscia on avril 18th, 2010 :: Filed under bleu,ether,Iscia,noir
Tags ::