poeme, " />

desordionie
des ors d'Ionie – desordre d'isle

open sky

je regardais cet oiseau, enveloppé de fumée noire, ses ailes s’ouvraient dans un bel angle
je voulais trouver les mots pour traverser son ciel avec mes deux pieds de coton bleu


Posted by iscia on janvier 19th, 2012 :: Filed under Iscia
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make a chance

le point est au milieu de la phrase
faute de retour
à la ligne
il n’entend plus le texte
ses yeux bougent
ses mains effacent le mur
la craie entoure le futur
mais il ne sait pas
la chance de partir


Posted by iscia on janvier 18th, 2012 :: Filed under bruit,chambre,Iscia
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Car enfin c’est l’hiver, pour autant que saison

Froid m’est repris par temps pour moi qui n’est passé,
Sur l’autre rive où sans doute j’avais rencontré,
Mon destin croisé à la sortie d’un tunnel,
Dans un bois parsemé, au détour d’une ruelle.
Que nous sommes nous vaincus, mutuellement,
Qu’avons nous cheminé sur ces routes étroites,
Où j’ai perdu mes souvenirs et eu des visions,
Car enfin c’est l’hiver, pour autant que saison.

Froid me redonne le temps pour moi d’une saison,
Sur l’autre rive où je doute de l’avoir rencontré,
Mon réel a peine, fin du tunnel,
Dans la plaine, au détour d’un rein velours.
Que nous sommes nous aimés, en retour,
Qu’avons-nous charrié sur ces montagnes d’amour,
Où cette attente est devenue foi,
Car enfin c’est le blanc, pour autant que déraison.

Qui de raison perdre, enfin donnera solution,
Aux effets que l’on sème ailleurs, dans nos visions,
J’ai marqué ainsi, les incidents du retour,
Et par ces mots alors, j’essaye de vous faire la cour.
Sur la distance parcourue, les démons et le diable,
On essayé de nous prendre, sans répit, sans recours,
Nos solutions immenses, et nos instants de chaque jour,
Mais enfin en courant, nous ferons de cette histoire, fable.

Textes : Stéphane Roux et Florence Galand

Photos FG, Saravejo, sur Ors-photo



Posted by iscia on janvier 13th, 2012 :: Filed under album,blanc,Iscia
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wherelse-A

c’est moi? c’est toi? où?
et ça, c’est toi? mais où?
jamais venue ici, mais peut-être toi?
et cette enseigne, c’est ta maison?
cette valise, ton immeuble?
pourquoi tu regardes le ciel,
les fenêtres ont des gratte-ciels …

j’ai bien vu l’accent sur ton oeil
un jour je trouverai les mots pour décrire ses lignes qui se renversent sur l’asphalte comme les débris de mes pas

Album 6&7&toi


Posted by iscia on décembre 17th, 2011 :: Filed under album,Iscia
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ce n’était qu’un poème …


Voyelles

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;

I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrement divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
– O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

Arthur Rimbaud (1871)


Posted by iscia on juillet 14th, 2011 :: Filed under couleur,ether,Iscia
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dernière section

La pierre touchait le ventre de ses mains
Dehors se déplaçait le satellite de la lumière
Et les rayons de la télévision
Brisaient le silence
La fracture imparfaite
Des caractères
En conséquence

Tandis qu’au loin l’étranger concevait
Un balancement en point d’ors
Un trou sans tête encore
Une variation des dispersions
Parodiant
Un dernier mouvement,
Une fêlure sans section

Je disparaissais, longue distance,
Des savants de vanité
J’abusais tranquillement
Le changement intérieur,
La pierre des ancêtres,
La confusion féconde,
La transgression fantastique
L’obstination en Terre de Feu
Des doigts de mon sexe bleu

Autre album : The End


Posted by iscia on avril 26th, 2011 :: Filed under album,bleu,chambre,dirty,Iscia
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Adieu Vietnam

Adieu Vietnam,

j’ai vu tes ruelles encombrées et tes salles désertées
j’ai dormi seule, et j’ai trouvé le café peu salé
vous étions nombreux à m’attendre
mais je me suis effacée, j’ai oublié pourquoi

je n’aurais pas perdu ma forme si je n’avais pas
essayé de remonter le pont Long Bien
et ou de descendre la ligne de chemin de fer,
l’arrêt était un accident juste

à nouveau l’horizon du départ, un vol
la perspective de l’arrivée,
une nouvelle ville, extrême, Tokyo

je jouerai une femme aux yeux verts
qui porterai un sac avec un violon dedans
et un porte-manteau

je regarderai les panneaux
que les étoiles jètent sur le trottoir avant de disparaitre
et je manipulerai les cartes que je n’ai pas encore gagées

Triple Album

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Posted by iscia on mars 10th, 2011 :: Filed under album,bruit,vert
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promised me poem

Et bien, voilà. J’ai craqué. J’ai quitté le gris de la tornade. Les autres sont tombés dans le Mékong avec leur appareil photo. Ils auraient dû s’en douter. Des dizaines  de curieux alignés sur le parvis de la Province de Vientiane à vouloir coucher le soleil, c’était trop facile. L’opium les a piqué et leur royaume s’est échu tel un éphémère. Seuls les enfants se sont sauvés à temps avec leur panier d’osier et leurs chiffons mordorés.
Je suis partie au moment où le sol est devenu nénuphar et le ciel interdit. Les engins arrivaient à cet instant-là. Je les entendais. Sourds et muets. Des masses puissantes toute alarme intérieure. Mais, je n’avais pas peur. J’avais perdu cet instinct de sauvegarde. Je me sentais en sécurité sur les paupières de la lune.
Un mouvement de particules continuait de buriner la terre et les hommes libres disparaissaient un à un dans la poussière. Leur souffle ne remplissait pas le vide et la béance confondait l’avenir.
Je savais que le gris des soirs d’avant marquait l’absence de l’aimé. J’avais beau faire tourner les ocres de ma lentille, le blanc n’était plus blanc dans la balance. Je voulais croire que cela n’avait pas d’importance. Je suivais le terrain vague, instable qui s’effritait sous mes pas. Plus j’avançais, plus je voyais mes traces se quadriller. Je ne voulais pas comprendre, bien sûr. Je niais l’évidence de ce dessin absurde et la folie hors de cette tornade. C’était peut-être pire, j’avais oublié la réalité de cet exotique non-direction.
Heureusement autour de moi les enfants persistaient à rouler dans la farine certaines tours d’échecs et marchandaient à bons prix les appareils photos ramassés au fond de l’eau. Je n’aimais pas les enfants, mais je trouvais leur cris rassurants.

Je l’aimais comme au dernier jour, sombre dans sa parure d’étain. Grand, majestueux, solide dans la décadence de la première ligne. Le soir révélait le jade de ses dents impures. J’étais face à son ombre rouge qu’il faisait parvenir depuis le temps d’autrefois. Sa mécanique m’était familière désormais. J’aurais pu le décevoir encore une fois. Et puis, soudain, une poignée de mains a roulé. Je me suis retournée. J’avais rêvé qu’il m’avait tué. L’engin s’ébroua avec fracas nocturne. Au risque de chuter, de casser les pièces de son squelette, je le voyais hurler un chant marin sans condition. J’étais morte de plage souterraine. Il manquait une trompe dans l’argenterie de mon cauchemar. You promised me poems.

Une fois, je me relevais. Je voyais l’engin s’éloigner dans la poudre du fard. Il restait une couronne d’encre sur la place de la foire. Elle était accrochée à la pipe du bas-relief. J’étais rassurée. Je le croyais Sauveur, suspendu au camion de poubelle qui arrivait. Impeccable dans son habit de soie au masque de plâtre. Il filait droit sur l’hôtel, évitant à peine les gosses de minuit.

Alors, l’image de la rencontre est revenue sur l’écran. L’innocence se partageait au pied du second couloir, sur le terrain vague de mon voyage.

Album


Posted by iscia on février 17th, 2011 :: Filed under album,dirty,ether,Iscia,vert
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dernière nuit

On ne fait pas l’amour le dernier soir. Je regarde mes mails, le temps est orageux. Les fleurs sur la table penchent de la tête. Je prends un verre. Dehors la mer est noire. Je ne dormirai pas cette nuit.
J’ai oublié les détails, et pourtant je sais qu’il est parti. Les travestis en bas de l’hôtel ne m’ont rien dit, mais elles le savent bien.
Au loin la mer est chaotique. Les vagues se fracassent sans ordre. Impossible de prévoir le bon moment.

Je pars demain.


Posted by iscia on janvier 5th, 2011 :: Filed under couleur,Iscia,légèreté,rouge
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& my nights (2)

Mes nuits sont blanches,
ondes sans rêve …
White Clouds
vibration intermittente
je renais et disparais
in the same time
maintenant
la lune se dissout lentement
le ventre creux
il n’est plus de regard
le silence bat
dans le creux du ventre
il manque les oiseaux et le feu
les mots, et les bleus

Le sol de mes nuits
le détail des oublis
la rivière des réveils
l’absence de mes lèvres
le charbon dans mes mains
la vanité et mon ombre

Je ne suis qu’ici
rire et cris
violence sans or
totale sans ordre

Il n’est plus d’attente
qu’un réverbère au loin
une revendication

Je préfère l’isolement à la terrasse, la chambre au désert, la prison au milieu du désert. Je préfère les histoires dans les regards que les feintes mal assumées. Je partage mes nuits avec les détails. L’importance d’être là où je suis, de sentir la terre de mon voyage. Le lacet que je refais sur le trottoir shirazi, les posters des célébrités accrochées à l’hôtel, le détail des toilettes avec ou sans papier, le mot démocratie pointé dans le regard de celui qui n’a pas de liberté,

la couverture rêche des acariens sans avenir, les mots que je laisse partir, les pieds en fusion avec la lumière, la moquette usagée de l’hôtel qui n’a pas parlé, les sachets de thé dont on ne veut plus, les taxis qui font payer, les bus aux fauteuils cassés, la mangue sur les rayons après l’errance et la perte, le banquier qui évoque Sartre et conseille le meilleur change au bas de la rue, les détails des hommes blancs à distance, la beauté des yeux qui n’approchent pas, l’objection des souks appelés bazars dans le pays d’à côté, l’administration et mon incompréhension, la peine éprouvée dans les rues désertes sous le soleil omani, l’ennui sous perfusion qui gagne le terrain de l’attention, la solitude de la personne seule …


Posted by iscia on novembre 25th, 2010 :: Filed under blanc,ether,Iscia
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