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desordionie
des ors d'Ionie – desordre d'isle

Adieu Vietnam

Adieu Vietnam,

j’ai vu tes ruelles encombrées et tes salles désertées
j’ai dormi seule, et j’ai trouvé le café peu salé
vous étions nombreux à m’attendre
mais je me suis effacée, j’ai oublié pourquoi

je n’aurais pas perdu ma forme si je n’avais pas
essayé de remonter le pont Long Bien
et ou de descendre la ligne de chemin de fer,
l’arrêt était un accident juste

à nouveau l’horizon du départ, un vol
la perspective de l’arrivée,
une nouvelle ville, extrême, Tokyo

je jouerai une femme aux yeux verts
qui porterai un sac avec un violon dedans
et un porte-manteau

je regarderai les panneaux
que les étoiles jètent sur le trottoir avant de disparaitre
et je manipulerai les cartes que je n’ai pas encore gagées

Triple Album

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Posted by iscia on mars 10th, 2011 :: Filed under album,bruit,vert
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souris


Posted by iscia on mars 3rd, 2011 :: Filed under couleur,humeur,Iscia
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wayting station

S’il vous plait, où puis-je prendre mon billet ?

Les particules vertes, insolubles, s’échangent des infos que j’écoute bas. Elles ne prennent pas les radios et m’écartent du plan. Je sais bien le vacarme de leur puissance et mon impuissance au-delà de la porte. Le plastique de ma béquille d’ailleurs a commencé à s’effriter. Je sens la peau se rétrécir, les frissons bloquer les muscles qui ne bougent plus déjà que dans une déstructuration cyclonique. Pourtant, ils sont là, ceux qui attendent. Ils sont bien là sur les quais, et j’entends leur respiration. Les vivants voyagent, je l’ai déjà dit. Ils emportent avec eux des magasins de thé et de riz. Et des coussins de protection. Ils ont même retranscrit les paramètres sur leur portable. Je crois qu’ils savent leur destination, tout est déjà enregistré. Mais, en fait, je les vois attendre eux aussi le train. Ils ont pris leur billet. Le billet dans la main.

Je suis à la capitale et je comprends enfin le calque de l’étape. Le gris qui avait embrouillé nos sens, heurte maintenant mes images. Je me retrouve à Paris sous la pluie et je n’ai toujours pas de parapluie. Je l’ai laissé à Muscat. Un parapluie pour une révolution.

Ce n’est pas vrai, ils n’attendent pas. Je scrute les cubes de leur fauteuil. Ce sont des trains intégrés au cerveau. Ils bougent comme des molécules dans un bouillon. Oeufs invisibles pour les yeux. Ils ont raison de ne pas s’en faire. Le train est sur les rails, il n’y a plus de discussion.

Nulle indication ne me permet de croire qu’il sera là. Je pousse quand même le charriot et pénètre derrière les panneaux. Je ne vois désormais que leurs ombres. J’ai la croyance que c’est là mon espace de liberté. Je ferme les yeux et vole les éclats, le parfum de mes heures. Cette vrille en Noir et Blanc sera mon refuge, le détournement de ma vie. Je gage mon retour dans l’électronique de ces émotions. Mais, au fond, tout au fond, c’est toujours la même histoire. Je n’ai rien à déclarer. Les pages s’accumulent et je ne suis pas partie. Je les aurais perdues avant, dans la seconde suivante.

Il dit qu’il garde espoir de me revoir. Je conserve le souvenir du rythme et son absence, la fraction de l’attente et la durée du trouble. Pourquoi suis-je toujours en train de me perdre ? Cette gare me confond. J’avance et recule en même temps. Mes pas ne me connaissent pas. Ils tournent et oublient les questionnements extérieurs. « Motorbike ? » Non, je veux rester ici ! Je circule dans le carré de la gare. Une femme me bouscule du doigt. Je téléphone, mais personne ne répond plus. Les chaises ont acquis leur transparence à force d’attendre. Les couloirs du grand hall international sont fermés. Je me retourne. Derrière moi, les vitres descendent les images de la réalité. Elles contiennent l’encre des souffles de l’attente. Certes, le billet est mon travail, c’est comme un devoir, une urgence. Je l’aurais compris quand j’en aurais fini.

Le départ est annoncé. Les regards se réveillent. Le sifflet frappe la conscience de la rupture. La vérification des paramètres oblige encore à croire que cela est possible. Ou croire que ce n’est plus impossible. C’est même certain, le wagon a bougé. Les bras des hommes reculent. Toa 5. Toa 4. Toa 3 jusqu’à Toa1. Il n’y a plus rien après. Que le quai vide qui oblige à ne plus penser à cette réalité de la séparation. Il n’y a plus rien que l’impression d’impuissance. Les vivants sont en voyage, ils emportent avec eux leurs espoirs. Les chaises sont rangées. La distance, les chaises, me plongent dans le sac de mes références.

J’ai choisi de bouger. Je sors et regarde les hommes consulter les panneaux. A nouveau. Le prochain train y est sans doute annoncé. Je quitte l’espace quadrillé. Je tiens toujours mon compagnon par la main. Je n’ai pas oublié que nous étions dans un passage filtré. Si les pieds nus des hommes indiquent la distance entre les épidermes isolés et les courbes lubriques des écrans, l’illusion du mouvement revient à ce point de départ multiple : l’oubli.

Les images : Opposite of Wayting (sic)

[audio:http://www.desordionie.net/blog/wp-content/uploads/2011/03/gare.mp3|titles=gare de Hanoi, départ](l’enrgistrement du train et des clics de Sulka et du Pshiff de la nana quand on lui dit qu’elle n’a pas le droit 😉

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Posted by iscia on mars 3rd, 2011 :: Filed under album,dirty,vert
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Opposite of ‘wayting’ (sic)

L’album est ici


Posted by iscia on février 28th, 2011 :: Filed under album,dirty,ether,vert
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petrol adjuvant in Hanoi

Nothing to add in my glass except the venom of my lust


Posted by iscia on février 27th, 2011 :: Filed under album,dirty,ether,Iscia
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traversée

longue traversée du Laos Nord et passage de la frontière avec le Vietnam ; il fait gris sur Hanoi aujourd’hui … mais j’aime ce petit air français (parisien ?) dans les rues pleines de charme et de bruit …

Album Frontiers bis sur Ors-photo

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Posted by iscia on février 25th, 2011 :: Filed under album,bruit,Iscia
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lettre ouverte à Dien

Cher Dien,

Que te répondre ce soir ? je suis là (encore là, coincée à Paris), je me prépare et essaie de penser à tout (?), je sais que je vais partir, je profite de ces derniers moment, c’est assez fabuleux

Parfois je pense à mes grands-parents qui attendaient la mort avec sagesse. Des images, des souvenirs remontent de je ne sais quelle partie, mémoire du corps … c’est très fort en ce moment…  temps suspendu, impression du départ

Je suis désolée, je ne peux écrire ça, ici et maintenant … peut-être au cours de mon voyage, avec le temps, quand je serais libre, quand je serais prisonnière d’un autre temps et d’autres lieux …

L’intérêt de ce blog ?
Tu as raison, il n’y a rien de très excitant dans ce que j’écris là, et je ne fais pas beaucoup d’effort pour les dernières photos postées,  … Et pourtant, derrière ces petits rien poussent des idées …
J’ai trop d’idées, Dien, si je ne les apprivoise pas, je les perds dans une souffle, ce sont ici quelques pensées fugitives épinglées au vol …

Est-ce un autre brouillon ? un autre laboratoire après Touarance … Oui, et c’est ce que j’espère, si jamais l’entre-croisement de mes pages avec celles de ceux qui voudront bien écrire là  réussit ?  C’est encore une expérience incertaine avec les proches, une idée lointaine à laquelle je tiens … qui n’a jamais vraiment marché … Je commence, peu importe après … cela ne sera jamais rien d’abouti, pourquoi ne pas en faire sa force … C’est comme ce voyage, je l’avais imaginé riche en complicités … dans la réalité, je serais seule dans cette aventure, je veux dire sur ces terres étrangères, j’aurais beau écrire, faire des photos,  capter de la musique, personne ne partagera ce que je vivrai, ne ressentira ce que j’aurais vu, touché, aimé … C’est excitant, cette liberté, c’est aussi frustrant parfois. En Iran, j’ai quelques fois regretté ne pas avoir un compagnon pour lui prendre sa main et lui transmettre la vibration de l’instant …

Par ailleurs, est-ce que je suis prête à vivre tout cela ? j’aurais pu prendre une année pour bien me préparer, pour apprendre la photo, apprendre à écrire (sans faute d’orthographe et avec une syntaxe correcte), j’aurais pu participer à des conférences, rencontrer des gens qui m’auraient parler de … etc.  Les photos que je pourrais faire sur mon chemin ne seront pas dans le livre … Les gens que je croiserais seront des particules de mon rêve … Ce seront certainement des doubles de ceux que je connais ici, des hommes et des femmes de l’ombre … et géniaux …

Je choisis de partir  … Peu m’importe ce que je suis, et ce que je ne suis pas … je suis imparfaite, incertaine et insoumise … je ne suis ni une héroïne ni la princesse au petit pois…

Je sais que mes photos ne seront que les traces, humbles, de mon passage, silencieux … Je ne peux dire aujourd’hui pourquoi ces pays que j’ai choisis de traverser … Tout cela est vague, ouvert – vertigineux . Avec un peu de chance je ramènerais une ou deux photos qui parleront de ma « blessure », de cette douleur d’être née, de ce pincement de coeur qui fait oublier…

Et la musique ? Mais la musique est le bruit intérieur de cet agencement. Elle me fait vibrer.

Je t’en glisse quelques unes, à la place des photos que je n’ai pas faites ce soir, car il pleut et que j’ai le dos cassé (rangements divers et jardinage). Il y a aussi la « page musique » sur la droite du blog avec les dernières que j’ai taggées dans mon delicious.

Tindersticks – Introduction to « The hungry saw »

Michael Jackson – Who Is It ?

Gil Scott-Heron – Me And The Devil

Cher Dien, ce sont ces fragments qui aujourd’hui me font rêver, qui me font marcher, c’est ce qui m’enivre, m’enflamme, ce qui m’encourage à croire – encore !

Salutations,


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Merci Stéphane pour Who is it ? J’ai senti que cette musique et cette vidéo te touchaient très fort.
Moi aussi, je dois aller chercher loin, cette émotion profonde. Un autre jour …

Dien écrit et fabrique plein de choses aussi …


Posted by iscia on mai 8th, 2010 :: Filed under bruit,humeur,Iscia
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